mercredi 31 août 2016

Vain de Rû : une bien agréable surprise !


Lorsque nous l'avions reçu il y a quelques mois, j'avais ouvert une bouteille de ce Vain de Rû 2015, et je l'avais bien apprécié. Je devais alors avoir un peu trop de fers sur le feu, et j'avais omis d'en parler (oui, je sais : je bois trop...). J'avais fini par l'oublier quand un ami à qui j'en avais vendu me signale un problème sur cette cuvée. J'oserais dire que je n'étais qu'à moitié surpris : il y a trois ans, nous avions eu un "souci" avec Montis Régalis du même producteur : réduit de chez réduit, avec une odeur limite repoussante. Et puis, quelques mois plus tard, il était redevenu "normal". C'est un peu le souci – aux yeux de certains, leur charme – avec les vins dits "vivants". Ils le sont pour de vrai et n'en font qu'à leur tête. 

Je m'attendais donc à vivre une expérience éprouvante en ouvrant une nouvelle bouteille de Vain de Rû 2015. Et je me voyais déjà en train de retirer momentanément la cuvée du site pour "problème technique", ou un truc de ce genre...  Et puis en fait, non. Pas de réduction ni d'odeur désagréable, bien au contraire : je passerai des heures à renifler des verres comme ça. En bouche, il y a un perlant un peu marqué, mais ce gaz carbonique qui protège le vin est rapidement éliminable par carafage ou "secouage". Bref, je le trouve très bien, ce vin. Et c'est pour cela que je vous en parle aujourd'hui.

La robe est d'un or prononcé pour un vin jeune élevé en cuve. 

Le nez est intense, entre pomme rôtie au four et tarte aux mirabelles (avec une pâte feuilletée au beurre), avec en arrière-plan des notes d'agrume confit et une pointe de gentiane. 

La bouche est ronde, riche, d'une moelleuse densité très "vendange tardive" – alors que le vin est annoncé à 11.5 % d'alcool, allez comprendre – mais elle est très bien équilibré par une fraîcheur tonique, renforcée par un léger perlant.

La finale est énergique, marquée par les fruits jaunes à noyaux : pêche jaune, reine-claude, mirabelle, avec l'amertume du noyau qui va avec, soulignée par une astringence salivante qui empêche de tomber dans la mollesse. 




mardi 30 août 2016

Tous les Bordeaux 2015 ne sont pas inabordables


Les Bordeaux 2015 ont fait beaucoup parler d'eux au printemps dernier. Alors que les amateurs espéraient – naïvement – une baisse, ceux-ci ont souvent augmenté de 20-30 %. Vous comprenez, c'est le meilleur millésime depuis 2010. C'eût été illogique de le vendre moins cher. Mais bon, tout ceci ne concerne que le haut du panier qui représente moins de 5 % de la production bordelaise. Les autres galèrent, et ont bien du mal à vendre leur Bordeaux alors que les prix sont parfois plus bas qu'il y a 20 ans. Faut dire que souvent, ils ne présentent pas un grand intérêt. On a toujours l'impression de boire le même vin, ostensiblement boisé. 

À Vins étonnants, nous aimons le fruit gourmand, le terroir qui s'exprime, les vins qui ont la gueule de l'endroit et reflètent la personnalité du vigneron. C'est pourquoi nous aimons à Bordeaux les cuvées de Gonzague Maurice, de Michel Théron, de Jean-Pierre Boyer ...et bien sûr de Thierry Bos avec qui nous travaillons depuis plus de 10 ans. Celui-ci n'a quasiment pas augmenté ses prix alors qu'il s'est converti entre temps à l'agriculture biologique. 

Lorsque j'ai reçu son Fruit d'Automne 2015, je me doutais que l'on aurait une belle quille. Je l'imaginais du genre gros potentiel qui demande à patienter un peu. En fait, non. C'est déjà très bon maintenant, et je ne vois pas l'intérêt à le laisser vieillir. Il risque de perdre le fruit qui fait tout son charme. Alors cueillons-le dès aujourd'hui, aurait dit le poète !

La robe est pourpre violacé translucide.

Le nez est fin et profond, sur la framboise, la cerise noire (noyau inclus), le poivron rouge grillé, avec une touche de menthe poivrée qui apporte de la fraîcheur.

La bouche affiche de suite une belle tension qui se prolonge sans faiblir jusqu'en finale. Elle est enrobée par une matière juteuse, croquante, évoquant le fruit épanoui fraîchement cueilli.

La finale est goûtue en diable, avec une mâche expressive d'une grande gourmandise. On s'étonne de prendre autant de plaisir sur un Bordeaux, (hélas) souvent synonyme de vin ch...


lundi 29 août 2016

Morillon 2015 : LE millésime à garder


Je n'ai pas vraiment de doute sur le succès qu'aura le Morillon 2015 auprès de ses fans habituels – et ils sont nombreux – mais mon p'tit doigt me dit aussi que cette cuvée de Jeff Carrel devrait trouver un nouveau public grâce à une légère inflexion du style vers plus de fraîcheur et d'équilibre. Il y a d'ailleurs un signe qui ne trompe pas :  j'ai bu toute la bouteille ! J'en discutais vendredi avec son géniteur, et il me disait qu'il était en effet content de la fraîcheur de son 2015.  Mais surtout que c'était LE millésime  à garder. Et ça, je veux bien le croire. Dans 3-5 ans, il devrait être encore meilleur. 

La robe est jaune paille. Moins dorée que dans la plupart des millésimes, donc.

Le nez est mûr et expressif, sur des notes de poire, de pêche et d'ananas, avec en arrière-plan des notes beurrées/grillées (qui deviennent plus présentes avec l'aération).

La bouche est ronde, ample, avec une matière mûre, dense, presque grasse, et une acidité sous-jacente qui équilibre et rafraîchit l'ensemble.

La finale est nette, finement astringente, avec toujours ce fruit bien mûr, mais aussi du pain grillé, une touche de beurre et une pointe de vanille. Le sucre (7 g/l) est quasi imperceptible si ce n'est peut-être dans une très légère sensation de douceur.

Comment le consommer ? A l'apéro, comme doivent le faire la plupart de nos clients, avec du jambon cru, par exemple (et des billes de melon !). Avec du foie gras mi-cuit, ça  doit le faire aussi. Mais aussi une pintade aux champignons, des fromages affinés ou une tarte aux pommes. Bref, on peut faire tout un repas au Morillon :-)


vendredi 26 août 2016

Costières de Nîmes : une gourmandise pour les grands


Lorsque vous allez poser cette bouteille de Costières de Nîmes sur la table, les réactions seront probablement multiples. Il va y avoir les attendries – autant que lorsque vous avez reçu votre premier collier de nouilles – peut-être des moqueuses, et certainement des circonspectes. Ce qui est sûr, c'est que l'étiquette ne va pas imposer un respect silencieux. Le contenu va devoir convaincre, car le contenant, aussi adorable soit-il, ne va pas faire rêver les buveurs d'étiquettes. Et pourtant, il y a un sacré joli vin dans cette bouteille, qui n'a rien à envier à des vins plus onéreux. Car celui-ci a un prix aussi modeste que sa présentation : 5.90 €.

 La robe est grenat sombre, limite opaque, aux reflets violacés.

Le nez est fin et intense à la fois, sur la crème de fruits noirs, la framboise et le poivre, avec une petite touche lactée. Une pointe de menthol rafraîchit l'ensemble.

La bouche est ronde, ample, soyeuse, avec une matière qui gagne progressivement en chair et densité pour s'affirmer de plus en plus. D'abord sur le fruit frais, elle tend à basculer ensuite sur les épices, poivre en tête, mais aussi girofle et cannelle. 

La finale est puissante, généreuse, avec une mâche savoureuse et épicée. La framboise est aussi de retour, accompagnée par le lard fumé et une pointe de tapenade.



jeudi 25 août 2016

Collioure blanc : à fond les gaz !


Lorsque j'avais dégusté à deux reprises les Collioure(s) blancs au stand du domaine de Traginer, j'avais bu à chaque fois deux versions : une non-dégazée et une dégazée – car un vin blanc contient encore souvent du gaz carbonique résultant de la fermentation alcoolique, voire de la malolactique si elle a été faite. J'avais préféré de loin la version non-dégazée, plus fraîche et évidente. Aussi, avons-nous commandé cette version non-dégazée. Aujourd'hui, j'en ouvre une bouteille, et je me rends compte qu'il y a beaucoup plus de gaz que prévu ! Nettement trop à mon goût. Du coup, c'est agitation façon Orangina pour en éliminer une bonne partie histoire de retrouver les sensations de l'hiver dernier. Au bout d'une quinzaine de minutes – avec des pauses, je vous rassure – j'en suis venu à bout. Et chouette, je l'aime à nouveau !

La robe est d'un jaune d'or prononcé.

Le nez est expressif, sur des notes de fruits blancs bien mûrs (pomme, poire, coing), d'ardoise chauffée au soleil, avec une petite touche fumée.

La bouche est tendue, racée, avec une matière ample et enveloppante, d'une texture dense et douce, et une pointe de gaz qui apporte du peps et de la fraîcheur. 

La finale se conclut sur de nobles amers et une mêlés à des notes fruitées/fumées/salines, avec une légère astringence qui donne de la mâche. On imagine bien ce vin avec des tapas ou un poisson grillé sur les sarments.





mercredi 24 août 2016

Pur et Sauvage


Vendredi dernier, Eric R s'est rendu à Prayssac chez Simon Busser. Celui-ci organisait chez lui un mini-salon regroupant des vignerons partageant la même philosophie. Parmi eux, Etienne Thiébaud des Cavarodes et Anthony Tortul de la Sorga. Aussi Eric a-t-il pu ramener des bouteilles des uns et des autres. Il a aussi rencontré Paul et Corinne Gillet qui ont repris depuis 3 ans le fameux domaine des Maisons Brûlées, et a sélectionné deux cuvées que je vous laisse découvrir ICI


Mais à revenons à nos moutons notre cheval. Dans les bouteilles rapportées de l'Originel, il y avait une nouvelle cuvée, Sauvage 2014, et un nouveau millésime de Pur Côt (2014). Nous avions déjà eu l'année passée les deux autres (Polichinel 2014 et Printemps 2014). J'ai donc dégusté les p'tites nouvelles, toutes les deux 100 % Côt, histoire de voir ce qui le différenciait (juste gustativement : je n'ai aucune idée des vignes dont elles proviennent, ni des vinifs que Simon a pratiquées).

PS : Simon nous a appris depuis que Sauvage provient d'une parcelle de sables et Pur Côt d'une parcelle de graves


Sauvage 2014 (13.50 €)

La robe est pourpre violacé et opaque.

Le nez la confiture de fruits noirs et les épices, avec une pointe d'encens. 

La bouche est veloutée, charnue, d'une grande densité, étirée par une fine acidité qui apporte aussi de la fraîcheur.

La finale fruitée/épicée  a une mâche puissante avec des tannins bien mûrs. 



Pur côt 2014 (15,00 €)

La robe est encore plus sombre, toujours sur les tons pourpres/violacés.

La bouche a plus d'ampleur et de tonicité, avec une matière un peu peu moins dense mais plus élégante.

La finale est toute aussi puissante, mais avec un côté mentholé/floral qui n'apparaissait pas dans le vin précédent.

Deux vins qui demandent plutôt des plats "hivernaux" pour adoucir leur finales, mais qui doivent accompagner sans souci une belle et épaisse côte de boeuf .

PS : les quantités sont limitées : ne vous précipitez pas tous dessus !

mardi 23 août 2016

Bourboulenc 2015 : toujours aussi bon !


Le temps passe vite : la découverte du 2014 me semble toute récente, et voilà déjà le Bourboulenc 2015. Pas de différence majeure avec le millésime précédent. C'est toujours aussi bon, avec ce côté marin assez  marqué. Il faut dire que les vignes sont plantées en franc de pied dans un ancien marais salant à proximité de la mer. Des conditions hors du commun, mais elles semblent assurer une grande régularité de la production... Le prix (7,20 €) est tout aussi stable. On ne va pas s'en plaindre :-)

La robe est jaune pâle brillante.

Le nez est fin et pénétrant, sur le zeste de citron, la pierre humide et l'air marin, avec une pointe de coing.

La bouche est ronde et friande, avec la sensation d'avoir une vague d'eau bien fraîche qui vous envahit le palais, sans agressivité toutefois. Sauf que c'est que c'est plus goûtu que de l'eau : fruit blancs, "jus de caillou", pointe de citron  et de sel.

On retrouve toutes ces saveurs en finale, en plus concentré, avec une fine mâche saline qui perdure agréablement




lundi 22 août 2016

Un bon caractère


Lors de mes visites successives à Vin & Pic, j'avais dégusté une cuvée que nous ne commercialisions pas, et c'était un coup de coeur à chaque fois. J'ai fini par convaincre Lechef de l'acheter, car c'est un p... de sacré rapport qualité/prix. Ce vin est issu de très vieilles vignes de Gamay plantées avant la seconde guerre mondiale (plus de 75 ans, donc) et coûte... 6.10 € ! C'est à mon avis très sous-valorisé par rapport à sa qualité. Mais bon, cela  fait plein de consommateurs heureux, et nous ne pouvons que nous en réjouir

La robe est grenat sombre translucide.

Le nez, d'abord un peu réduit, dévoile après une rapide agitation du verre des arômes de cerise bigarreau, de violette, une p'tite touche de rafle et un chouïa de pierre à fusil.

La bouche est ronde, ample, aérienne, avec une matière soyeuse, soutenue et étirée par une acidité fine et traçante, et égayée par un fruit frais tout ce qu'il y a de pimpant (quetsche, noyau). Mais il y a aussi une certaine profondeur avec des notes de pierre fumée et de graphite.

La finale savoureuse et épicée est finement astringente, se prolongeant sur des notes fumées.

Ce vin sera aussi à l'aise avec des cochonnailles qu'avec  un  poulet rôti, ou des grillades  de porc ou des côtelettes d'agneau sur le BBQ.




vendredi 19 août 2016

Le Bugey, c'est le pied !


Quelques jours avant que je parte en vacances, nous avons reçu le nouveau millésime des vins de la Cave Peillot. Ma conscience professionnelle m'a poussé à les déguster derechef, histoire d'être certain de vous vendre des vins répondant à nos critères de qualité. Bon, ça, c'est la version officielle/présentable. En fait, j'ai parfois des problèmes de volonté lorsque je vois arriver certaines quilles dans l'entrepôt... Je m'attendais à boire bon, mais ce fut très au delà de mes espérances. Pour tout dire, je me suis régalé !



La robe est jaune pâle, brillante.

Le nez est expressif, sur des notes de fruits blancs mûrs, de bergamote et de beurre citronné. 

La bouche est ronde, fraîche, savoureuse, avec l'impression de croquer dans la baie de raisin. C'est d'une gourmandise assez irrésistible.

La finale est finement crayeuse, avec un retour sur le beurre citronné et la poire mûre, et une persistance sur des notes salines/épicées. Le rapport qualité/prix (8,70 €) est impeccable.



La robe est un peu plus dorée.

Le nez est plus fin et aérien, plus sur la réserve, avec des notes d'agrumes légèrement beurrées.

La bouche est beaucoup plus ample, avec plus de tension et d'élan, une matière plus généreuse, plus riche, et une structure sous-jacente  plus imposante. L'ensemble est d'un équilibre juste parfait, digne de vins plus onéreux.

La finale est l'acmé de ce vin : large, très expressive, vous donnant l'impression que votre palais a doublé de volume, avec le même côté crayeux que le vin précédent, mais en plus intense. Mais rien d'agressif, bien au contraire : on est dans le jouissif pur !

(Je précise que j'ai bu ces vins à température d'entrepôt à 14-15 °C. Plus froids, ils seront certainement plus fermés)

Le Chardonnay est un délice. L'Altesse est une p... de bombe, déjà extra aujourd'hui, probablement grande dans une dizaine d'année (si vous réussissez à ne pas tout boire. Pas gagné...). Le rapport qualité/prix (11.60 €) est pour le moins excellent.

jeudi 18 août 2016

Gaia : le vin de l'origine


Un peu comme le 5 Seaux évoqué l'autre jour, il nous faut goûter chaque année ce best seller qu'est Harmonie de Gaia. Sur ce 2015, il y a une belle surprise : je retrouve les sensations que j'avais eu sur le premier millésime (2009) que j'avais goûté du domaine et qui m'avait conquis.

La robe est grenat translucide.

Le nez est expressif et plutôt aérien, sur des notes de cerise/prune compotée(s), de bonbon Krema® au cassis et d'épices douces.

La bouche est toute en rondeur, avec une matière douce qui caresse le palais, et une aromatique très "soupe de cerises aux épices".

La finale se fait un peu plus accrocheuse, avec une fine mâche et un come-back du cassis (signature du Cabernet Sauvignon) et des épices. À 6.70 €, y a vraiment rien à redire :-)

jeudi 4 août 2016

Go ... Jacky go !

Jacky Logel  - et Odile, sa complice de toujours - ont compris qu'il ne fallait jamais se reposer sur ses lauriers et toujours aller de l'avant. Même si Volcanique, Poycelan ou Ribambulle marchent du feu de dieu, il faut penser à se renouveler, quitte à briser quelques tabous. Depuis la libéralisation des cépages en Europe, l'Alsace a perdu le monopole français de la culture du Riesling et du Gewürztraminer. Tout en gardant le privilège d'être la seule région à pouvoir afficher leur nom sur l'étiquette de façade des bouteilles.

Jacky, Alsacien d'origine, s'est lancé dans la production de ces deux cépages nobles. Mais ils sont en Vin de France, et nulle mention de l'encépagement sur l'étiquette. Pas grave, les vins parlent d'eux-mêmes : lorsque vous avez le nez sur le verre, il n'y a pas une seconde d'hésitation pour distinguer le Riesling du Gewürz ;-)

Le couple a aussi planté du Côt, rappelant que nous sommes toujours en Loire, même si le Forez est presque à la même latitude que Cahors. Le résultat final est un peu entre les deux régions : la fraîcheur ligérienne et la densité cadurcienne. Un must  pour les adorateurs de ce cépage !



Pupschen 2015 (100 % Gewurztraminer): la robe est jaune pâle.

Le nez est intense tout en restant aérien, sur des notes de rose séchée, de mangue et d'épices nord-africaines.

La bouche est ronde, fraîche, fruitée, avec une belle tension épicée qui se prolonge en finale.

Celle-ci est corsée sans être dure, avec un retour sur la rose séchée, et toujours ces épices qui vous balade au pays du tajine.


Loyela blues 2015 (100 % Riesling) : la robe est légèrement plus intense que le précédent.

Le nez est beaucoup plus expressif sur des notes d'écorce d'orange séchée, de pomelo, mais là aussi pas mal d'épices.

La bouche est élancée, tendue sans être raide, avec une matière dense, très marquée par les terpènes d'agrume, plus ronde et moins acide que le Riesling typique – ce qui peut expliquer qu'un client m'a dit à son propos "habituellement, je n'aime pas le Riesling, mais là, j'aime bien". 

La finale envoie du lourd, mêlant écorce d'agrumes, fruits exotiques, épices ... et même une petite pointe camphrée. Mais surtout le fameux duo amertume/astringence qui peut être génial ou catastrophique. Ouf, là, on est plus proche du génial :-) Les épices restent longuement en bouche, au point où l'on peut se demander si l'on ne vient pas de boire un Gewurz...


Rézinet 2015 : la robe est grenat sombre translucide.

Le nez est fin, floral, sur des notes de violette/pivoine, de cerise et une pointe de rafle et de ronce.

La bouche est ronde, souple, très avenante, avec une matière soyeuse et un fruit assez classieux (on est déjà sur un côté "dégradé/décadent", dirait François Mitjavile et non un truc primaire qui pète le fruit). On retrouve la rafle, la ronce, la violette mais aussi le noyau de cerise. L'ensemble fait presque plus pinot que gamay.

La finale se fait un brin accrocheuse, mais c'est une accroche plutôt coquine, malicieuse,  du genre dont on souhaiterait être victime plus souvent. Elle est probablement due à une mise récente. Dans quelques mois, ce sera certainement plus fondu.



Côt à Côt 2015 : la robe est plus sombre, presque opaque.

Le nez mûr et pimpant évoque la confiture de fruits noirs (mûre, myrtille) en train de mijoter dans la marmite de cuivre, avec une petite touche lactée et quelques épices. Une pointe mentholée rafraîchit l'ensemble.

La bouche est ronde, veloutée, avec une matière dense et charnue et des tannins qui montrent un peu leurs muscles. Pour le coup, nous sommes sur le fruit pétaradant dans un style assez jouissif.

La finale a une mâche assez puissante, plus typée Sud-Ouest que Forez, mais comme le milieu de bouche, il y a en elle du jubilatoire. Une incarnation de la gourmandise paillarde, à la limite de l'indécence.

Vous avez eu le courage d'arriver jusqu'à la fin de cet article ? Merci à vous. Sachez que ce sera  le dernier ... avant mon retour de vacances  le 17 août

mercredi 3 août 2016

Potion de Marcel... le retour !


En janvier dernier était apparu  un OVNI en forme d'amphore dans notre ciel étonnant. Extra-ordinaire avais-je écrit. Je sais que je n'ai pas rêvé : d'autres l'ont vu bu. Vos retours me l'ont montré. Il y a encore quelques jours, un client m'a écrit : "juste MERCI pour la « potion de Marcel » un moment de dégustation extraordinaire pour moi !!! ".  Peu de dire que ça fait plaisir d'avoir contribué à ce moment d'émotion :-)

Autant dire que la nouvelle potion concoctée par Panoramix Marcel avait la rude tâche de faire aussi bien que sa prédécesseuse, voire encore meilleur (rêvons, hein). Pour ceux qui ont raté la session précédente, je rappelle que ce vin hors norme est composé de tous les cépages du domaine :  Cinsault, Merlot, Syrah, Cabernet-Sauvignon, Grenache, Aramon, Carignan noir et Carignan blanc ... et vinifié en amphore.

Et  si on passait à la dégustation ?  oui, oui...

La robe est pourpre violacée translucide (plus sombre que l'année dernière). 

Le nez est fin, discret, sur des notes de fruits noirs frais (cerise, myrtille), de framboise écrasée, de poivre blanc, avec une pointe ferreuse/sanguine.

La bouche est de belle ampleur, d'abord soyeuse et caressante, puis gagnant en puissance et en densité. Le tout est parfaitement tendu par une acidité quasi imperceptible, mais malgré tout rafraîchissante. 

La finale fait plus "vin de macération", avec des tanins impressionnants – heureusement bien mûrs – sur des notes fruitées et salines, et une certaine persistance sur ces saveurs sanguines/ferreuses perçues au nez.

Après 24 h d'aération en bouteille, le vin gagne en harmonie, avec une finale moins bourrue, totalement raccord avec le reste du vin.

Vous l'aurez compris : ce vin est beaucoup plus classique que le précédent, autant dans l'aromatique que la structure. Néanmoins, je connais assez peu de vins languedociens qui ont ce profil frais et élégant, sans aucune note "sudiste". Et je suis prêt à parier que le vieillissement va énormément le complexifier. Car lorsque le fruit aura perdu de sa prédominance, les 8 cépages qui composent le vin vont beaucoup plus s'exprimer, et il va y avoir une vraie symphonie dans le verre !


mardi 2 août 2016

Suis-je dans l'air du temps ?


Nous venons de recevoir deux nouvelles cuvées de l'infatigable Jeff Carrel appelées dans l'air du temps. Il existe une version Chardonnay et une version Sauvignon. Elles sont toutes les deux en Vin de France, mais vu qu'elles sont embouteillées à Limoux, on peut supposer que les raisins ont poussé dans le secteur. En tout cas, vu la fraîcheur des deux vins, cela ferait sens. 

En général, je ne parle sur le blog que des vins qui m'ont beaucoup plu. Cela ne veut pas dire que tous les vins que je déguste me plaisent, loin de là. Mais j'ai beau avoir un employeur super sympa, il ne va pas jusqu'à me payer pour assassiner les vins qu'il vend. 

Sur ces deux vins, j'avoue être partagé. L'amateur pointu de vins que je suis n'y trouve pas vraiment son compte, mais en même temps, je suis certain qu'ils peuvent plaire à beaucoup de monde. C'est dans ce genre de cas que l'on peut voir la différence entre un amateur et un caviste. Le premier pense avant tout à son plaisir. Le second va tout mettre en œuvre pour faire plaisir à ses clients.



La robe est jaune pâle.  

Le nez est très expressif sur des notes d'écorce d'agrume,  de bourgeon de cassis, de beurre fumé, avec une pointe de vanille  et de grillé.  La bouche est ronde, de belle ampleur, avec une matière fraîche et désaltérante à l'aromatique toute aussi expressive que le nez. Ça déménage, tout en restant bien équilibré. 

La finale est pleine de peps sur le lemon curd, avec toujours cette pointe de cassis  végétal et une petite touche grillée. 

Il faut reconnaître que dans son style, ce vin est plutôt spectaculaire, et ce, pour un prix relativement dérisoire (6.50 €). On peut trouver ce style exubérant un peu too much, mais il est quasi certain qu'il épatera nombre de vos amis, et qu'ils voudront dans la foulée en acheter une caisse ou deux. 



La robe est or pâle. 

Le nez est très expressif sur des notes d'amande/noisette grillées, d'agrume confit, avec une dose généreuse de beurre vanillé et de pain toasté. 

La bouche est ronde, ample, avec une matière douce et enveloppante, à l'aromatique un brin envahissante qui va charmer ou énerver selon le dégustateur. L'ensemble reste malgré tout bien équilibré avec une fraîcheur éparse.  

La finale assez intense est marquée par les notes boisées (beurré/grillé/fumé/vanillé) relevée par une légère amertume et des épices. 

Bon, là, ce n'est vraiment pas mon truc. Mais je suis persuadé que les très nombreux clients qui nous achètent du Morillon vont adorer ce vin, car c'est son "petit frère" en sec. 

lundi 1 août 2016

Victor et Canon ? ou Victor est canon ? Les deux


Le stock des vins de Gonzague Maurice était au plus bas dans notre entrepôt : même si nous étions au creux (très relatif) de l'été, un réapprovisionnement devenait indispensable. Sont donc de retour le Clos du Pavillon (en Puisseguin Saint-Emilion), la Petite Folie (en Saint-Emilion), le Pavillon Saint-Jacques (en Lalande de Pomerol), le Canon La Chapelle (en  Canon-Fronsac), auxquels s'ajoute une nouveauté : Victor, en appellation Castillon Côtes de Bordeaux (eh oui : l'appellation Côtes de Castillon n'est plus...). Ce sont de ces deux derniers dont je vais vous causer aujourd'hui



Victor complète idéalement la gamme de Gonzague tout en étant très proche des autres parcelles qu'il occupe.  Ces deux hectares qu'il loue à Saint  Genès de Castillon sont à quelques minutes de Puisseguin et de Montagne. Comme à Puisseguin, nous sommes sur un 100 % Merlot  sur plateau calcaire. Par contre, Gonzague a choisi de ne faire ici qu'un élevage cuve afin d'avoir un beau vin de fruit qui peut s'apprécier dès aujourd'hui à un prix très abordable : 7,80 €.

La robe est grenat sombre.

Le  nez est gourmand, sur des notes de pivoine, de quetsche, de crème de mûre, avec une pincée d'épices douces.

La bouche est ronde, ample, avec une matière souple et fruitée non dénuée de chair et de profondeur, mais surtout un fruit noir très pur, finement épicé.

La finale possède une mâche finement crayeuse mêlant notes fruitées et fumées.

Je l'ai dégusté sur trois jours :  il est resté très gourmand jusqu'à la dernière goutte, sans le moindre durcissement ou oxydation.


J'étais curieux de goûter ce Canon la Chapelle 2014. C'est une totale réussite : c'est fin, frais, élégant, montrant toute la race d'un des plus beaux terroirs de la Rive droite. Tout ça pour moins de 10 € : rarement un vin n'a été aussi canon.

La robe est un peu plus claire, translucide, bien brillante.

Le nez est très fin, aérien, sur des notes de fruits rouges et noir, et une pointe grillée/épicée.

La bouche est élancée, tendue sans être raide, avec une matière soyeuse, élégante. L'ensemble est sobre, classieux, à l'équilibre quasi-idéal.

La finale a une finale crayeuse comme le précédent, mais avec un peu plus de cachet. La longueur n'est pas interminable, mais pour le prix, il n'y a vraiment rien à redire !

Lui aussi a parfaitement tenu les trois jours : il a gardé toute sa finesse et son fruit sans s'oxyder.

Bref, il est encore possible de se faire plaisir avec du Bordeaux sans se ruiner ;-)