vendredi 22 mai 2015

LBV : impossible de rester indifférent

 
Les vieux fans de Jeff Carrel se souviendront peut-être que l'eclectic winemaker avait produit une cuvée LBV au début des années 2000.  Une bonne dizaine d'années plus tard, il applique à peu près la même recette : un Sauvignon bien mûr élevé en fûts de chêne neuf de 300 litres durant 18 mois (d'où le Late Bottling Vintage). Et c'est incroyable; on retrouve pile-poil les sensations que l'on avait pu avoir avec LBV ou Saint-Genis... et qui a un air de famille avec l'Equinoxe de l'Arjolle. Ceux qui aiment ce dernier ne pourront qu'apprécier LBV. Ceux qui le détestent.... vaut mieux qu'ils l'évitent ;-)
 
La robe est d'un or brillant. Le nez est riche, intense, sur le citron confit, la verveine citronnelle, le pain grillé, le beurre noisette, avec une petite pointe résineuse et une touche de vanille.
 
La bouche est raccord : riche, concentrée, baroque, avec une matière grasse et très aromatique, mais aussi une grande fraîcheur citronnée qui équilibre l'ensemble et apporte de la tension. 
 
 
La finale puissante et tonique achève le boulot avec beaucoup de zèle avec un très beau
duo amertume/astringence sur l'écorce de pamplemousse et des notes grillées/résineuses/épicées.
 
 
On ne peut pas dire que ce LBV fasse dans la demi-mesure, mais c'est pour cela qu'on l'adore (ou qu'on le déteste, voire qu'on adore le détester... ou même qu'on se déteste de l'adorer). En tout cas, impossible de rester indifférent.

 
En terme de gastronomie, ce vin demandera un plat à la hauteur, sous peine d'écrabouiller ce dernier. En 2006, j'avais fait une recette pour accompagner le Saint-Genis de Carrel... achetée à Vins étonnants : une langouste au citron confit. Nul doute que ça conviendrait parfaitement. Mais un "simple" risotto aux agrumes confits ou  un tajine irait très bien aussi.