lundi 20 février 2017

Barou (2) : les blancs


Je vous avais parlé des rouges du domaine Barou jeudi dernier. Voici maintenant les blancs, dans trois appellations différentes. Aucun ne se ressemble. En même temps, on retrouve une trame commune dans la finesse et la salinité des vins. Je pense que c'est pour cela qu'il 'm'ont séduit, alors que je suis pas trop fan des blancs du "Rhône nord". Malgré le millésime 2015 des plus solaires, le domaine a réussi à éviter le piège de la lourdeur



La robe est or pâle, brillante.

Le nez fait très Viognier, mêlant les fruits jaunes à la violette, voire au chèvrefeuille, tout en restant élégant.

La bouche est tendue comme tous les vins du domaine (signature Granit ?) tout en n'étant pas raide, avec une matière ronde, douce, presque grasse – et en même temps saline/minérale. L'ensemble est bien équilibré.

La finale est savoureuse, intense, se prolongeant longuement sur les épices et les pétales de roses séchés. On imagine les plats exotiques (avec coco, gingembre, Ras El Hanout) qui devraient bien se marier avec.


La robe est un peu plus intense.

Le nez est un peu plus discret, et c'est tant mieux. On est plus sur les fruits blancs rôtis au beurre, les notes grillées.

La bouche est ronde, ample, enveloppante, avec une matière dense et mûre qui vient habiter chaque mm² de votre palais. Son côté "jus de caillou" fait qu'il n'y a aucune lourdeur, mais par contre une sacrée présence. La "tension maison" est toujours bien là.

La finale est nette, sans lourdeur, avec l'abricot de la Roussanne qui pointe son nez. Et puis des épices, mais pas les mêmes que le précédent. Plus sobres.


La robe est proche du précédent, mais avec plus d'intensité.

Le nez est nettement plus expressif sur des notes d'abricots rôtis au beurre, de pêche jaune et des nuances fumées/grillées.

La bouche affiche d'abord une belle tension avant de s'élargir ensuite et de diffuser dans tout le palais une matière soyeuse, subtilement grasse, réussissant à rester aérienne. L'intensité aromatique va aussi crescendo, gagnant de plus en en plus en force jusqu'à la finale.

La finale est énergique et savoureuse, sur les arômesde fruit jaunes et de fumé/grillé perçu au nez, avec des notes salines qui la souligne et la prolonge, et surtout lui enlève toute lourdeur : on ressort sur l'élégance minérale alors qu'on aurait pu s'enfoncer dans la lourdeur (trop) typique du cépage.