mardi 23 janvier 2018

K-rément Xtra !


J'ai une affection pour les vieux cépages en général et pour la Carmenère en particulier. Je n'avais pas été enthousiasmé par les premiers millésimes de K, la cuvée 100 % Carmenère du domaine de l'Arjolle. Le 2015 me plaisait nettement plus.  Et le 2016, comme dirait Léo, c'est extra ! Non seulement il est techniquement parfait de bout en bout, mais il génère du plaisir, de l'émotion ... et un profond respect pour ses géniteurs. Chapeau bas. 

La robe est pourpre sombre translucide.

Le nez est fin, fruité, dominé par le cassis (fruit frais et liqueur) complété par la cerise noire et des notes épicées et sanguines.

La bouche est longiligne, déployant avec élégance une matière fraîche et soyeuse qui gagne progressivement en opulence. La tension est apportée par une fine acidité qui sait rester discrète. L'équilibre est d'une perfection rarement atteinte en Languedoc. 

La finale tonique dévoile une fine mâche au fruit expressif, mêlant le cassis au menthol et au poivre, avec une persistance sur le cacao et le moka. Classe.

Les 14 € que coûte cette cuvée me semblent un bon investissement !



lundi 22 janvier 2018

Les petits dragons vont de nouveau enflammer votre cœur !



La cuvée Les Petits Dragons est devenue au fil du temps l'un des grands classiques de Vins étonnants. Il faut  dire qu'il existe peu de vins qui aient autant à offrir pour un prix des plus raisonnables (9.50 €). À ce prix, beaucoup de vins se contentent d'être bon, ce qui est déjà pas mal. Le domaine de Malavielle fait beaucoup mieux : culture biodynamique, vendanges manuelles de Chenin et Petit Manseng très mûrs, presque confits, vinification et élevage d'un an en barriques. Au bout de ce process, un vin monstrueux –  entendez hors-norme – qui porte plutôt bien son nom. D'aucuns vendraient un tel vin entre 20 et 30 €. Remerciez André et Mireille Bertrand pour leur générosité !

La robe est d'un jaune d'or intense, avec une bonne viscosité des larmes. 

Le nez est fin, sur la mangue bien mûr, l'ananas rôti, rafraîchi par une pointe de fruit de la passion.  À l'aveugle, on partirait clairement sur un Jurançon moelleux ou liquoreux. Avec l'aération, on perçoit quelques (subtiles) notes d'élevage : beurre, vanillé, grillé. 

La bouche est (très) ample, vous tapissant le palais d'une matière mûre, riche, limite onctueuse, à la fraîcheur sous-jacente...  mais effective. L'équilibre est vraiment sur le fil du rasoir : heureusement que le Petit Manseng et le Chenin ont des acidités naturellement hautes, car il en faut pour supporter les 15% d'alcool du nectar... On sent aussi derrière de la minéralité, avec un côté "jus de caillou". 

La finale est nette, d'une grande intensité, avec une amertume typique du Chenin qui compense en bonne partie la richesse du vin. On est toujours sur une aromatique "fruits exotiques", accompagnée de quelques notes d'élevage. Il n'y a pas de sucres perceptibles, mais il y a peut-être quelques grammes qui traînent, équilibrés par l'acidité du jus. 

Paradoxalement, plus il se réchauffe, plus il gagne en équilibre et en fraîcheur (ceci dit, phénomène constaté de nombreuses fois : le froid fait ressortir l'alcool). 


jeudi 18 janvier 2018

Carignan sur lit : secouez-moi !


Dans la nouvelle version du Carignan blanc sur lit (lire lie), Jeff Carrel a poussé à l'extrême sur le côté brut de cuve en laissant non seulement les gaz résiduels mais aussi un peu de lie dans chaque bouteille. Comme il n'a pas mis de gomme de xanthane pour que la lie reste en suspension, c'est au consommateur de faire le job : il faut donc, comme vous le feriez avec le soda à la petite bouteille ronde ou votre bouteille de jus d'orange avec pulpe incluse, secouer la bouteille jusqu'à ce que la lie soit bien mélangée. 



Vous obtiendrez une robe proche de la photo ci-dessus (ou ci-dessous), d'un jaune pâle trouble. 

Le nez fait très limonade, avec un citron bien marqué (un peu de craie humide, aussi ... même si les vignes poussent sur granit !)

La bouche est ronde, charnue, croquante, avec une matière pulpeuse, fraîche, désaltérante et toujours ce citron comme fil conducteur. Il y a un léger perlant, tout en finesse. Ce qui marque le plus, c'est la buvabilité, avec l'impression de ne pas déguster une boisson alcoolisée. Et c'est foutrement dangereux, cette affaire... 

La finale est un hymne au triple A (Acidité, Amertume, Astringence) dans un style subtil, mais qui vous dessoiffe direct. C'est comme si vous aviez bu une limonade bien citronnée et pas sucrée. Ça redonne l'envie de passer à la seconde gorgée, puis à la suivante (après, vous arrêtez, promis ?). 

Comme la plupart des vins de Jeff Carrel, on est dans l'abordable : 8 € à l'unité, 7.50 € par 6, 7.00 € par 12. Irrésistible... 


mercredi 17 janvier 2018

Pour une fois, on va faire bosser les autres...


Si la majorité de nos clients sont des particuliers, nous fournissons aussi des cavistes, des restaurants et des clubs d'œnologie (et même un lycée viticole qui nous achète des vins tous les mois pour ses cours). Parmi ces clients, il y a le COAM. À ses débuts en 2004, cela voulait dire "Cercle des Oenophiles Alternatifs de Montparnasse" (qui mettait en avant une vision décomplexée de la dégustation). Aujourd'hui, le COAM s'est professionnalisé et veut dire Cours d'Oenologie And More

C'est un centre agrée par l’organisme mondialement reconnu du Wine And Spirit Education Trust de Londres. Il compte près de 20.000 abonnés à son blog pédagogique le vin pas à pas.  Des centaines d’entreprises lui renouvellent leur confiance chaque année. N'hésitez pas à les contacter si vous souhaiter participer à leurs animations oenologiques!

Yann Rousselin nous a demandé si nous pouvions diffuser des vidéos du COAM concernant des vins que nous leur avons vendus. Eh bien, oui, pourquoi pas ? Je pense que certains de nos lecteurs et clients y apprendront plein de choses !







Bon visionnage !!!

(il faut recharger la page pour accéder à la 2nde vidéo)


Bergecrac rouge 2016 : tout le sud-ouest qu'on aime !


J'avais rapidement évoqué le Bergecrac 2016 lorsque je vous avais parlé de Larcin. J'avais écrit que Vincent Alexis recherchait des extractions plus douces qu'auparavant. En décuvant avant la fin de la fermentation alcoolique, par exemple, quitte à désobéir à son œnologue. La désobéissance réussit bien à ce nouvel opus de Bergercrac : il n'a jamais été aussi bon ! 

Lorsque je l'avais dégusté il y a quelques mois à la propriété, il était impeccable car la bouteille avait été ouverte à l'avance. Là, j'ai eu la surprise de découvrir qu'il y avait du gaz carbonique (mon premier de l'année 2018 !). Séance d'agitations successives, donc, jusqu'à disparition de l'inopportun... Après, ça, que du bonheur :-)

La robe est pourpre sombre légèrement translucide. 

Le nez est très expressif, sur la crème de fruits noirs (cassis, myrtille, cerise, sureau), la violette et le poivre, avec une pointe sanguine/ferreuse. 

La bouche est ronde, ample, débordante de fruits, avec une matière veloutée, charmeuse, et un bel équilibre, entre fraîcheur et épices. 

La finale est un concentré des vins du Sud-Ouest, avec cette mâche généreuse, fruitée, poivrée – légèrement mentholée, aussi – et cet assent typique de là-bas, con. Ça se prolonge longuement sur la prunelle et ces notes sanguines/ferreuses qui signent la famille des Carmenets.  

Au final, beaucoup de qualités et de typicité dans cette cuvée, alors que nous sommes sur l'entrée de gamme du domaine (7.70 €). Bravo Vincent ! 



mardi 16 janvier 2018

L'immigration se poursuit en 2018...


Il n'y a pas de raison de changer d'habitudes, surtout lorsqu'elles sont bonnes. À chaque fois que nous faisons une commande chez notre dealer de boissons exotiques, nous tentons une ou deux cuvées nouvelles. 

Pour Bremerton, c'était par la force des choses, puisque Matilda plains n'était plus disponible pour l'instant. Nous avons poursuivi dans l'assemblage Syrah/cépages bordelais avec Tamblyn (comme ça se fait à Cabardès). 

Comme nous avions trouvé le Cabernet Franc de Tilia très sympa, nous nous somme dits "pourquoi pas tenter le Pinot gris ? "(oui, il y a des régions où les deux voisinent). 

Quant à Orzada de Odfjell, c'est simplement un changement de millésime. 



La robe est or pâle. Le nez est fin, sur des notes de poire, de melon, avec une touche de mousseron et de légère fumée, typiques du cépage. 

La bouche est  ronde, fraîche, croquante, avec une matière mûre à la chair gourmande.  C'est remarquablement frais/vif pour un Pinot gris. 

C'est d'ailleurs la vivacité qui domine dans la finale tonique, concentrée et épicée. 

Bon, ça reste un Pinot gris, hein! Ce qui est intéressant ici, c'est qu'il n'a pas de sucres qui traînent, et et qu'il a une sacrée fraîcheur, ce qui est plutôt rare pour ce cépage. 



La robe est grenat bien sombre, mais tout de même translucide. 

Le nez est un hymne au cassis sous toutes ces formes : feuille, bourgeon, baie, gelée, crème... avec des épices légèrement grillées en arrière-plan et une pointe de menthe. 

La bouche est élancée, fraîche, avec une matière mûre d'une impressionnante densité – mais au toucher velouté, sans dureté. 

La finale est puissante, mâchue, avec des tannins affirmés (mais civilisés), avec toujours un cassis omniprésent et des notes d'élevage noble. 

C'est déjà très bon, mais devrait se complexifier/bonifier dans les 5 ans à venir. Votre patience devrait être récompensée (cf le 2012 que certains ont dégusté il y a peu...). 


Australie Tamblyn 2012 (17.90 €)

La robe est pourpre sombre violacée, presque opaque. 

Le nez est fin et intense, sur les fruits noirs (cassis, sureau, cerise), le menthol, le Havane, le poivre et de nombreuses épices douces. 

La bouche est ample et harmonieuse, avec une matière douce, caressante, veloutée, qui vous emplit le palais. La fraîcheur (aromatique et structurelle) est impressionnante pour un vin australien. Il y a aussi une belle tension – sans la moindre rigidité – qui est certainement due au Cabernet Sauvignon. 

La finale monte encore le niveau d'un cran, avec une fraîcheur explosive – où le cassis côtoie la menthe et le tabac, puis les épices grillées. Aucune dureté. Que du bonheur qui persiste longuement. Miam !

Dans sa jeunesse, il est probable que ce vin devait être un brin "too much". Son vieillissement en bouteille lui a apporté une patine et a fondu l'élevage en chênes français et américains. On est maintenant sur un vin "à point" d'une intéressante complexité.  

lundi 15 janvier 2018

Lorsque Tirecul se met à buller...


Quand on y pense, la parcelle pentue/calcaire/orientée nord était l'endroit rêvé pour produire de la bulle de qualité. Les Bilancini l'ont fait. Comme ils ont eu la bonne idée d'y planter quelques pieds de Chenin, ils ont trouvé dès leur premier essai le partenaire idéal au Sémillon (faut dire que Bruno est un roi de l'assemblage). Conscient de leur limites en la matière, ils ont confié la "champagnisation" à un spécialiste qui produit du Crémant de Bordeaux depuis 90 ans dans des caves calcaires souterraines. 


Après une dégustation comparative, Claudie et Bruno ont préféré la version non dosée. Voilà pourquoi cette cuvée à Jo est Brut Nature. Elle devrait beaucoup plaire aux amateurs de ce style de bulles qui ne supportent plus les dosages lourdauds. On est ici dans le pur et le rafraîchissant, avec une expression fidèle du terroir de Tirecul la Gravière. 

La robe est or pâle, avec de nombreuses fines bulles éparses.

Le nez est fin, frais, sur le coing, la poire, la craie mouillée, et une subtile touche de gentiane. Et même de la framboise au réchauffement (on ne sent même plus que ça ! )

La bouche est fraîche, tonique, avec une belle tension et des micro-bulles crépitantes. L'ensemble est désaltérant et d'une terrible buvabilité (on se descendrait la bouteille...). On est toujours sur une aromatique de fruits blancs/minéral (et framboise au réchauffement).

La finale est délicieusement astringente, avec des nobles amers (très Chenin) qui la souligne encore plus. Cela se prolonge agréablement sur des notes crayeuses légèrement citronnées (autant en terme de texture que d'aromatique) qui laissent la bouche très alerte. Réjouissant !

La bonne nouvelle, c'est qu'elle ne coûte que 12 €. Un cadeau au vu de sa qualité !


vendredi 12 janvier 2018

Deux beaux blancs signés Robin


Comme Batman, nous avons notre Robin. Mais lui préfère vinifier plutôt qu'arrêter les méchants, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Je parle bien sûr de Robin Althoff, l'un des deux frères du domaine Costes-Cirgues dont j'ai déjà dit beaucoup de bien ICI et LÀ. 

Nous avons reçu il y a quelques jours deux nouveaux vins blancs : le Font de Marinas 2016 et Ma Rousse 2016. Le premier a un assemblage proche des millésimes précédents, mais il a profondément changé de style : on passe d'un vin sympa à quelque chose de beaucoup plus ambitieux (prix inclus...). Qui dit ambitieux, dit – souvent –  barrique. Ici des fûts allongés dits "cigares" qui permettent d'avoir une plus grande surface de contact avec les lies fines. 

Le même type de fût a été utilisé pour le micro-négoce de Robin et d'Imogen, le Quai à raisins : après Le Syrault, voici donc Ma rousse.  Avec aussi un jeu de mot, car c'est un assemblage de MArsanne et ROUSSanne. Le choix a été fait de bloquer la fermentation malolactique afin d'avoir une acidité "citrique" qui apporte de la fraîcheur et une p... de tension. Ca ne peut pas se faire sans ajout de soufre... 

Le premier est donc sans sulfites ajoutés, le second avec. À vous de choisir.. 



 (60% Grenache Blanc, 30% Viognier, 10% Vermentino, sans sulfites ajoutés)

La robe est d'un jaune d'or intense. 

Le nez est riche, expressif, sur les fruits jaunes confits (pêche, abricot), l'ananas rôti et de fines notes d'élevage (noix de coco, beurre, grillé). 

La bouche est ronde, généreuse, enveloppant le palais d'une matière charnue, onctueuse, mais avec de la fraîcheur à revendre. C'est très bien équilibré pour une cuvée sudiste riche en Grenache : aucune lassitude ressentie (et même une furieuse envie de passer à la gorgée suivante). 

La finale est tonique, savoureuse, très fraîche, avec un retour de la pêche et de l'abricot, prolongés par une noble amertume épicée qui évite de tomber dans la lourdeur (14% , tout de même). Il est possible qu'au départ, vous sentiez une très légère "souris" en toute fin de bouche, mais celle-ci disparaît rapidement avec l'aération. 

Un modèle à suivre pour les vins blancs non sulfités !



Ma rousse 2016 (22.00 €)

(Marsanne et Roussanne)

La robe est d'un jaune un peu moins doré, mais tout aussi intense. 

Le nez, au départ discret, finit par s'épanouir dans le verre : agrumes confits, fruit de la passion, ananas frais, beurre frais et noix de coco légèrement vanillée. 

La bouche est beaucoup plus tendue/traçante que le vin précédent, avec une fine et persistante acidité comme ligne directrice, qui se prolonge au-delà même de la finale. Elle est enrobée par une matière mûre, gourmande, fraîche, pas lourde pour un sou. On est plus sur un équilibre Bourgogne sud (ou Jurançon ?) que Languedoc nord.

La finale prolonge ces sensations sans la moindre rupture, tout en gagnant en intensité. En explosivité, oserai-je même dire. Ça envoie du lourd, avec une acidité limite décapante, très pyrénéenne. J'aime beaucoup !

jeudi 11 janvier 2018

Première vendange : ça envoie !


Cette  Première vendange 2016 tombe pile dans la catégorie de vins qui risquent d'énerver certains. C'est une cuvée vinifiée sans sulfites provenant du domaine Marionnet qui revendique de ne surtout pas être en bio (il est contre le cuivre qui empoisonne les sols). Mais que l'on ne vienne pas lui reprocher de surfer sur la mode des "vins nature". Il a lancé cette cuvée en 1990, époque où tout le monde se moquait de la présence ou non de soufre dans les vins. C'était avant même que son voisin Claude Courtois ne s'installe et devienne l'un des maîtres à penser du mouvement.  

Après, on peut tout de même trouver qu'il en fait un peu beaucoup dans l'autocélébration. Il est écrit sur la contre-étiquette : "cette création spectaculaire, hors normes, vous permet enfin de découvrir l'expression réelle totalement pure d'un vin". Sur l'expression pure, c'est un grand OUI. Sur le spectaculaire et le hors normes, bon, faut peut-être pas exagérer. D'autres le font aussi bien, et avec plus de modestie (comme les Grandes vignes, par exemple).

La robe est pourpre violacée sombre, limite opaque.

Le nez est très expressif, sur la cerise noire, la mûre, la violette et le poivre (et une signature "carbo", comme diraient les connaisseurs). 

La bouche est ronde, ample, méga-fruitée, avec une chair veloutée étonnamment dense – y a du monde dans le verre ! – et des tannins pas totalement fondus. C'est frais, pur, vivant/vibrant, d'une naturalité plutôt excitante. 

La finale dévoile une grosse mâche gourmande, bourrée de fruits et d'épices. On est dans la rusticité jouissive, sans chichi, et surtout sans le moindre défaut. 

La première gorgée peut surprendre par l'intensité et la puissance du vin car on s'attend à du "glouglou" qui glisse tout seul. Mais en fait, on s'y habitue assez rapidement, et plus ça va, plus on y prend goût (un peu trop, même...). À 9.90 €, on peut dire que c'est un joli cadeau. Merci, messieurs Marionnet (père et fils) !

Jetez un coup d'oeil sur cet article de Bettane et Desseauve : ça vaut le détour !


mercredi 10 janvier 2018

Mademoiselle Lily : un vin qui a du chien !


Le titre est à double-sens : Mademoiselle Lily est un hommage posthume au labrador noir des Bojanowski, qui a longtemps tenu compagnie à Nicole lorsqu'elle travaillait à la vigne. Mais cette cuvée, issu de la Roussanne et du Viognier a aussi beaucoup de caractère Du chien, quoi. Probablement parce qu'elle est issu de la parcelle la plus élevée du domaine (300 m), avec ce sol entièrement de cailloutis calcaire d'un blanc étincelant. D'un côté, il réfléchit la lumière, favorisant la maturité des grappes, de l'autre, il apporte de la fraîcheur typique des sols calcaires

La robe est jaune d'or.

Le nez est intense et profond, sur des notes de fruits mûrs (melon, ananas, mangue), de fleurs capiteuses et d'élevage (beurre noisette, grillé). 

La bouche allie rondeur généreuse et tension, avec une fine acidité qui étire le vin et une matière riche, dense, charnue, réussissant l'exploit d'exprimer une fraîcheur revigorante.

La finale dévoile une mâche impressionnante, presque tannique, vous donnant l'impression de mordre dans de la craie. Elle se poursuit dans la générosité fruitée/grillée/épicée sans jamais tomber dans la lourdeur. C'est vraiment très très bon, limite addictif.

Ce vin devrait accompagner avec bonheur des plats exotiques (tajines, currys, thaïs) contenant des épices, des agrumes confits, de la coriandre... Mais bu pour lui-même à l'apéro, ça peut le faire aussi ;-)



lundi 8 janvier 2018

2015, un grand millésime chez Beynat


Cela ne fait qu'un peu plus de six mois que nous avons fait rentrer les vins du château Beynat (mon premier article date du mois de mai) et j'ai pourtant l'impression qu'ils font partie de la "famille étonnante" depuis toujours. Je ne compte plus les fois où nous avons dû nous réapprovisionner tellement les niveaux baissent à vitesse grand V. Un succès mérité, car les vins sont vraiment très bons, avec des rapports qualité/prix topissimes. 

Nous venons de passer  en 2015 sur les deux "grandes cuvées" du domaine (enfin, celles qu'Alain Tourenne veut bien nous céder, car il en existe deux autres exclusivement en vente à la propriété, dont un vin en amphore et sans sulfites absolument génial !). J'avais peur qu'elles soient un peu trop "solaires" par rapport au rafraîchissant 2014. Eh bien non : leur terroir argilo-calcaire (et le Merlot en minorité) permet de garder un bon équilibre. Ils sont déjà très bons, et ne feront que s'améliorer dans les années qui viennent. 


La robe est grenat sombre translucide aux reflets violacés. 

Le nez est fin, frais, sur les fruits noirs mûrs, les épices douces, avec une touche de bois précieux (cèdre, santal) et une pointe de menthol. 

La bouche est élancée, avec une tension remarquable et une matière élégante, soyeuse qui vous emplit le palais. Les notes épicées/grillées ont tendance à encore dominer le fruit. 

La finale finement mâchue poursuit dans l'élégance, avec toujours les épices au premier plan, prolongées par des notes salines et le  tabac blond. 

Un vin à garder impérativement au moins cinq afin de l'apprécier à sa juste valeur (le Cabernet Sauvignon apportera toute sa complexité). D'un très bon rapport qualité/prix, on passera à un exceptionnel !



La robe est très proche (un peu plus violacée ?).

Le nez est gourmand, sur la crème de mûre rafraîchie par une petite feuille de menthe. En arrière-plan, on sent du graphite et des notes florales (violette, rose séchée). De la craie humide, aussi. 

La bouche est ronde, fraîche, friande, avec une matière dense à la chair veloutée, et une belle dynamique. L'équilibre général est juste parfait. 

La finale dévoile une mâche finement crayeuse où le fruit frais domine, souligné par des notes minérale qui apportent de la profondeur. Le boisé de l'élevage s'avère déjà d'une grande discrétion, amenant juste une ultime touche épicée/grillée.

C'est déjà très bon maintenant. Mais comme Léonard, on montera de plusieurs crans dans les 5-10 ans qui viennent. 

jeudi 4 janvier 2018

Anglas, le retour !


Il y a un an et quelques jours, je vous parlais du référencement du Domaine d'Anglas. Depuis, nous avons fait plusieurs commandes, car vous avez contribué au succès de cette gamme. Mardi matin, alors que nous étions en plein inventaire, nous avons reçu une palette du domaine. Tous les millésimes ont changé, et nous accueillons un p'tit nouveau : le blanc "haut-de-gamme" du domaine. Pour rappel, les sulfites sont bannis sur cette propriété, quelle que soit la cuvée. Ce n'est pas inutile de le rappeler, car ce n'est pas flagrant à la dégustation : les vins sont très classiques, dans le meilleur sens du terme (et donc conseillables à des personnes "non initiées" ). J'aimerais pouvoir vous dire qu'on y sent un fruit libéré de toute entrave du soufre, mais je ne dois pas être assez aware : j'avons rien senti... 



La robe est jaune d'or, brillante.

Le nez est expressif, sur les fruits jaunes bien mûrs (abricots, brugnon), le miel et une touche beurrée/grillée.

La bouche est ronde, ample, fraîche, avec une une matière douce, veloutée, abricotée à souhait. On l'impression de croquer dans un fruit mûr et juteux.

La finale est nette, savoureuse, finement mâchue, toujours sur les fruits jaunes, avec une subtile amertume saline qui permet d'éviter toute lourdeur.




La robe est "grenadine diluée".

Le nez pimpant fait très rosé "classique" avec ces notes de bonbons anglais et de fraise. Quelques épices vous rappelle qu'on est dans le Languedoc.

La bouche est ronde, fraîche, avec un léger perlant qui apporte de la tension et du peps. Elle est légèrement fruitée, avec toujours des épices.

La finale est tonique, avec une légère astringence qui vous dessoife direct. C'est assez inattendu, comme sensation, mais pas désagréable.



La robe est étonnamment sombre pour un "petit vin".

Le nez évoque un fruit noir surmûr tout en dégageant de la fraîcheur.

La bouche est ronde, gourmande, avec une matière dense, charnue, aux tannins pas totalement fondus. Le fruit fait moins surmûr qu'au nez. Il est complété par des notes de garrigues finement résineuses.

La finale mâchue est encore un peu serrée (mise récente) mais loin d'être désagréable. Il y a du fruit, de la fraîcheur, quelques épices.


Le petit roy (9.40 €)

La robe est pourpre sombre, presque opaque.

Le nez expressif est sur les fruits noirs (mûre, myrtille), le cacao et le poivre.

La bouche est longiligne, avec une matière concentrée et veloutée, à la chair gourmande. Il se dégage beaucoup de fraîcheur et d'équilibre pour un vin du sud.

La finale dévoile une mâche gourmande, fruitée et minérale, se poursuivant longuement sur des notes épicées/salines.  Super rapport qualité/prix !






La robe est proche du précédent, si sombre qu'elle en devient opaque, pour le coup.

Le nez est fin, frais, complexe, très "barralien" dans l'esprit sans tomber dans le côté obscur de la force : fruits noirs, violette, tabac...

La bouche est ample, élégante, tendue, avec une matière fine, enveloppante, d'une fraîcheur éclatante.

La finale la prolonge sans la moindre dureté, l'exacerbe même. Les tannins finissent tout de même par apparaître, mais ils sont gourmands. On leur pardonne tout.











Les gourmets 2017 : déjà accessible


Eh oui : la cave Verdier-Logel commence à sortir ses 2017. Il faut dire qu'ils n'ont presque plus de 2016, hormis un peu de Feux de Forez. Si les mises en bouteille de février dernier avaient "détraqué" momentanément les vins, ce n'est pas le cas de celle des Gourmets : aucune dureté ni finale serrée. Tout au plus un côté végétal encore un peu marqué (au demeurant pas désagréable). 

La robe translucide est entre le grenat sombre et le pourpre. 

Le nez est expressif, sur la myrtille, le poivre, la pivoine et une pointe végétale (rafle). 

La bouche est ronde, croquante, avec une matière soyeuse gagnant progressivement en chair et en canaillerie. Le fruit frais est déjà bien présent, avec toujours ce "trait vert" qui apporte de la tension et de la profondeur (mais que l'on peut trouver un peu trop présent si on a un palais sensible à cela). 

La finale est nette, savoureuse, finement mâchue, avec un fruit noir un peu lacté (yaourt), du poivre et toujours ce trait vert qui persiste et allonge le vin. Il est à parier que celui-ci devrait mieux se fondre dans l'aromatique globale du vin et contribuer à sa complexité. À 7.50 €, cette cuvée continue à faire partie des meilleurs rapports qualité/prix de vins étonnants (même si, malgré l'inflation galopante dans nombre de régions, il a de plus en plus de challengers).