lundi 25 septembre 2017

Le Chardo, c'est ça !


Il est un peu difficile de suivre l'évolution des cuvées au Château de Gaure. Les assemblages, les étiquettes et les appellations varient au fil des ans. Mais si cela tend au final vers une amélioration des vins et une plus grande lisibilité, nous n'allons pas nous en plaindre. Campagne de Gaure a maintenant l'appellation Limoux et ne contient plus que du Chardonnay. Et c'est indiqué en gros sur l'étiquette. Stylistiquement, on est dans l'esprit de ce que savait très bien faire Toques et Clochers il y a quelques années : à savoir du Chardonnay bien mûr, mais parfaitement équilibré, avec ce qu'il faut de tension et fraîcheur. C'est la force du terroir d'altitude de Limoux de réussir cette prouesse chaque année ... pour un prix nettement plus raisonnable que leurs cousins bourguignons (10.90 € pour celui-ci).

La robe est jaune paille, brillante.

Le nez est expressif, sur la pomme chaude généreusement beurrée, la noisette grillée et le pain toasté.

La bouche est ronde, charnue, avec une matière qui allie moelleux et croquant, et le plus important : de la fraîcheur ! L'ensemble est très bien équilibré, avec un très léger perlant qui apporte un supplément de peps. Vraiment, on se régale sans s'alourdir.

La finale est finement mâchue, avec une subtile amertume et un bon goût de pomme beurrée/noisetée. Le tout se prolonge sur des notes d'écorces d'orange qui lui siéent bien.

Pour 10.90 € , c'est des plus recommandables, particulièrement pour les clubs de dégustation qui chercheraient un modèle de Chardonnay à un prix accessible. Le Chardo, c'est ça !


jeudi 21 septembre 2017

Les Darons, c'est (hyper) bon !


Il y a quelques années, les Darons, ce n'était vraiment pas mon truc : ça faisait "vin pour Américains" (ce qui était plus ou moins le cas) avec tous les excès gustatifs qui vont avec. Le basculement a eu lieu avec le 2014, où il y avait du fruit, de la fraîcheur et de la finesse.  Ce millésime atypique y était certainement pour quelque chose, mais pas que : on sentait un changement stylistique. Il s'est confirmé sur 2015, même si l'on sentait que l'année avait été plus solaire. Et donc, moins ma tasse de thé, même si, objectivement, je ne pouvais que reconnaître un excellent rapport qualité/prix.

Il y a quelques semaines, nous avons reçu en avant-première les Darons 2016. J'étais évidemment curieux de le goûter, mais sans a priori positif ou négatif. Je juge sur pièce.  Et là, c'est la baffe dès que je commence à le sentir. Et re-baffe lorsque je le goûte (et ce, sans préparation préalable). Je suis rien moins qu'éberlué par le vin que j'ai dans le verre : il a toutes les qualités que je cherche dans une bouteille.

La robe est pourpre sombre translucide, bien brillante.

Le nez est juste envoûtant : crème de fruits noirs (myrtille, mûre, cerise), encens, épices de Noël...

La bouche est sphérique, de grande ampleur, avec une matière fine, soyeuse, caressante, qui prend progressivement la densité en milieu de bouche, passant alors au velouté. Il y a un allant, une énergie, qui font plaisir à boire, une grande fraîcheur, et surtout un p... de fruit intense, vibrant. Faut être insensible –  ou Naturiste intégriste  – pour ne pas tomber immédiatement amoureux de ce vin. 

La finale a une mâche gourmande, sans la moindre dureté, avec toujours un sacré fruit et un retour des épices. Votre palais tout entier reste longuement sollicité, frétillant de bonheur :-)

J'ai échangé avec Jeff après cette dégustation : il m'a dit que c'était la première fois qu'il vinifiait cette cuvée dans son chai. Il a pu assurer un suivi plus précis, ce qui explique certainement le saut qualitatif. La bonne nouvelle, c'est que le prix n'augmente pas : toujours à 7.90 € la bouteille (6.90 € par 6 et 6.40 € par 12). 

mercredi 20 septembre 2017

Meine name ist Schmitt. Pinot N. Schmitt.


J'aurais pu utiliser pour ce le titre déjà utilisé il y a 15 jours pour Brise d'Aunis : "sous le gaz, la glisse". Peut-être en le modifiant un peu , genre "sous le gaz, le plaisir". Mais bon, j'essaie de ne pas trop me répéter, d'où ce titre Bondo-germanique. N'empêche qu'une fois de plus, je suis confronté à du gaz carbonique à l'ouverture de cette bouteille de Pinot noir 2016 de Schmitt. Forcément, il faut que j'en parle puisque les clients qui vont acheter cette bouteille vont y être aussi confrontés. Il ne faudrait pas qu'ils croient que la bouteille a un souci. C'est NOR-MAL (enfin, je ne trouve pas vraiment, mais c'est que vous diront nombre de vignerons et supporters de vins nature. Alors soit, admettons). 

En tout cas, normal ou pas, il y a un p... de joli vin planqué derrière le gaz, et ce serait vraiment dommage de passer à côté. Le plus rapide, c'est un carafage énergique. Non seulement, vous versez le vin le plus brutalement possible dans la carafe (sans en verser à côté). Mais après, vous agitez la carafe 3-4 fois une minute avec 5 mn de repos entre agitation. Et ça devrait le faire. Sinon, recommencez ;-)

La robe est d'un très beau grenat translucide.

Le nez, après aération/agitation, est fin et frais, sur la framboise, la cerise et une touche de noyau.

La bouche est pure, élancée, déroulant élégamment une matière fruitée, soyeuse, explosive de fraîcheur (autant due à la fine acidité qu'à une aromatique menthol/chlorophylle).

La finale a une p.. de niaque avec une amertume/astringence qui ferait presque penser à un chenin de Touraine, si ce n'est qu'il n'y a pas de coing ou d'écorce d'orange : là, on est dans le fruit rouge/noir, encore le noyau, et une note (très) persistante de rafle – un trait vert comme on dit dans les endroits où l'on cause bien – qui refuse de vous quitter.

En mangeant avec, le fruit gagne en intensité, avec plus de notes florales. La finale s'adoucit, gagne en gourmandise. Un vrai régal pour pas trop cher (10.35 €).



mardi 19 septembre 2017

Bienvenue au Mas Becha


Il y a 6 ans, alors que je ne travaillais pas encore à Vins étonnants, Charles Perez du Mas Becha m'avait envoyé une partie de sa grande gamme afin que je lui dise (et surtout écrive) ce que j'en pense. Il en était ressorti un article sur mon blog perso encore lisible ICI. En juin dernier,  il a récidivé, avec en bonus des cuvées expérimentales. Comme je les ai reçues sur mon lieu de travail, j'ai fait goûter les différents vins à Eric  R, mais aussi à certains clients. Le chef les ayant appréciés, il a décidé d'en référencer une bonne partie. Ils sont arrivés il y a quelques jours. Je ne les ai pas regoûtés, mais voici le compte-rendu des vins dégustés cet été.

Précisons que le Mas Becha est dans le Roussillon, qu'il cultive 25 ha de vignes, et qu'il s'est converti au bio en 2008.
  

Blanc Excellence 2016 :  la robe est or pâle. Le nez est fin, confit, légèrement boisé, avec une petite touche fumée. La bouche est fraîche, tendue, avec une matière ronde, pulpeuse, gourmande, très marquée par l'agrume. Il en ressort un bel équilibre général. La finale persistante a une mâche finement crayeuse, sur des notes de pomelos et d'épices grillés.



Blanc des Clottes 2016 : la robe est un peu plus dorée. Le nez est plus fumé, avec un grillé assez marqué qui évoquent certains Bourgognes... La bouche est élancée, avec plus de densité et de profondeur que le vin précédent. Indéniablement classe. La finale est intense, fumée, minérale. Déjà très beau, mais devrait être au top d'ici 3-5 ans.


Rosé Serrat d'en Caratx 2016 : la robe est rose framboise clair. Le nez évoque les petits fruits rouges bien mûrs avec en arrière-plan les mêmes notes grillées que Clottes. La bouche est du même tonneau, avec une tension et une race rares pour un rosé. On croirait croire un grand blanc, si ce n'est quelques notes framboisées qui se rappellent à vous. L'ensemble est aérien et élégant. La finale mâchue est par contre plus proche du Blanc Excellence, avec un surplus de longueur, de fruits et d'épices. 


Rosé "classique" 2016 : la robe est sur un framboise plus intense. Le nez est expressif, sur la framboise et la pastèque. La bouche est ronde, fraîche, croquante, avec un fruit d'une grande intensité et une gourmandise des plus irrésistibles. La finale est fraîche, savoureuse, avec toujours un fruit toujours très présent. Miam ++


Rouge classique 2015 : la robe est pourpre sombre, opaque. Le nez est très mûr, sur les fruits noirs confites, la réglisse, les épices, avec une petite touche d'eucalyptus qui apporte une fraîcheur bienfaisante.  La bouche est ronde, riche, veloutée, avec une matière d'une densité impressionnante pour une entrée de gamme, mais qui ne tombe pas dans la lourdeur. Il y a même un certain allant. La finale dévoile une mâche bien mûre, soulignée par les épices. 


Rouge Excellence 2015 : la robe ne diffère guère. Le nez gagne encore en finesse et en profondeur, avec une pointe de volatile (positive) qui s'invite. La bouche est encore plus élancée, avec une tension rappelant Serrat d'en Caratx. La matière, même si elle est très digeste, est certainement plus dense qu'il n'y paraît. L'ensemble est d'une fraîcheur et d'un équilibre remarquables. La finale envoie du lourd, tout en maintenant ce bel équilibre. TOP.


MVD MMXV : la robe fait penser à de l'encre. Le nez évoque la liqueur de fruits noirs, le tabac et les épices. La bouche est d'une grande ampleur, déployant une matière douce, harmonieuse et fraîche (menthol à donf), d'une densité impressionnante ... mais pas lourde du tout. Une sorte de monstre tranquille. La finale est relativement puissante, mais des plus savoureuses, avec toujours les fruits noirs et le menthol, et un alcool en retrait. 

lundi 18 septembre 2017

Quand la Syrah prend l'assent du Sud-Ouest


Il est un paradoxe à Gaillac : certains cépages locaux comme le Prunelart ou le Verdanel n'ont pas le droit à l'appellation s'ils sont utilisés seuls, alors qu'une cuvée 100 % Syrah – originaire du Dauphiné – peut prétendre à l'AOC. Ceci dit, lorsqu'on goûte cette Syrah 2016 de Plageoles, on se dit que ce cépage s'est sacrément aclimaté (ou que le terroir le  transcende) car ça ne ressemble pas du tout à la Syrah rhodanienne : au nez comme en bouche, on est dans le Sud-Ouest. Elle a pris l'assent, con... 

La robe est pourpre sombre, à la limite du translucide. 

Le nez est très expressif, sur le cassis frais, la prunelle, le poivre et des notes sanguines/ferreuses rappelant le Braucol. 

La bouche est ronde, veloutée, bien fraîche, avec une matière dense et charnue, juteuse. Il y a de l'allant, du fruit, un bel équilibre général. Cela se boit vraiment bien même si on sent qu'il y a des chevaux sous le capot. 

Les tannins qui donnaient du corps à la bouche tout en étant bien polis, ressortent plus en finale. Mais ils sont bien mûrs, marqués par les fruits noirs sauvages et les notes sanguines/poivrées. On a une belle mâche typique du Sud-Ouest qui vous fait vite oublier que le cépage est un estranger


vendredi 15 septembre 2017

La Foire aux Vins made in Vins Etonnants



Comme d'habitude, nous ne pouvons rien faire comme les autres... 

10% de remise sur tout Vins Etonnants jusqu'au 30 septembre! 

 Insérez dans la case "Code Promo" le code 

FAVETONNANTE2017 

(Remise non applicable sur les frais de port et aux clients professionnels)

Ulma ou Andréa ?


Il y a une semaine, je vous parlais des nouveaux rouges de Tirecul la Gravière. Aujourd'hui, ce sont les blancs secs qui se retrouvent sur le banc d'essai. Ils sont du même millésime (2016) et ont une exposition relativement proches (nord/nord est). Mais ils ont pas mal de différences :

- Andréa provient des plus vieilles vignes de Muscadelle et de Sémillon du domaine situées dans une parcelle au calcaire très affleurant. La vendange semble avoir été un peu plus tardive qu'Ulma. La vinification et l'élevage ont été faits en barrique.

- Ulma provient de vignes plus jeunes plantées sur des sols plus argileux (toujours sur un socle calcaire). En plus du Sémillon et de la Muscadelle, elle intègre aussi du Chenin, récemment planté, et maintenant autorisé en appellation Bergerac. La vinification et l'élevage ont été faits en cuve. 



Ulma 2016 (9.50 €)

La robe est jaune paille claire.

Le nez est fin et frais, sur l'ananas, la poire mûre et le coing, avec une petite touche de verveine.

La bouche est élancée, avec une tension élégante et une matière ronde, fraîche, presque cristalline, plus minérale que fruitée (ce côté eau de torrent "caillouteuse" que j'aime beaucoup).

La finale finement crayeuse, dominée par les fruits blancs (pomme/poire/coing) et l'écorce d'agrume, se prolonge sur des notes salines du plus bel effet. 


Andréa 2016 (12.95 €)

La robe est jaune paille plus intense. 

Le nez est beaucoup plus riche, sur des notes de pommes/poires rôties au beurre et un (bel) élevage en barrique encore présent : pain grillé, beurre noisette... 

La bouche est plus en largeur qu'en longueur [ 'tain, ça vous marque longtemps, Mondovino ] avec une matière très ronde, déposant sur votre palais un voile de douceur. C'est étonnamment aérien, subtil, ne ressemblant à aucun autre vin connu [ ça peut expliquer le choix de le classer en IGP Périgord alors que Ulma est en Bergerac). 

La finale est intense et concentrée, encore dominée par les notes d'élevage (beurré/grillé/fumé), avec là aussi un salin très présent qui persiste longuement. 

Conclusion : eh bien, ils ne se ressemblent PAS DU TOUT ! Si on les buvait à l'aveugle, on pourrait croire qu'ils viennent d'une région différente (et certainement pas du même producteur). Pour l'heure, Ulma me semble nettement plus prête à boire, même si je ne doute pas qu'elle a en encore une belle marge de progression. Andréa demandera 3-5 ans d'attente pour gagner en complexité.  Dans les deux cas, le rapport qualité/prix me semble vraiment très bon. Faites-en cadeau à votre cave : elle vous remerciera !

jeudi 14 septembre 2017

Troublante loulou...


La journée démarrait plutôt normalement, et puis j'ai rencontré LouLou. Loulou, c'est le prénom évocateur par excellence. Ça vous fait penser à Pialat, avec un Depardieu et une Huppert tous jeunots. Ça fait aussi penser  à une pub pour un parfum de Cacharel. Bon, là, ce n'est ni un film, ni un parfum – quoi que... – mais la nouvelle cuvée de la famille Meyer.(on me dit dans l'oreillette que c'est un hommage à la p'tite dernière, Louise). Comme il est écrit en contre-étiquette : il est "issu d'un millésime particulier riche de hasards heureux". Comprenne qui pourra. Ce qui est sûr, c'est que LouLou est en effet très particulier (ou particulière ?) : je crois avoir bu/vu pas mal de choses dans ma vie d'amateur de vins, mais c'est la première fois que je bois/vois un assemblage PG + PN. Comprenez Pinot Gris + Pinot Noir. Peut-être suis-je un peu tordu, mais je l'aurais plutôt imaginé en "blanc de noirs/gris". Ici, c'est du rouge. Enfin, presque.

En effet, la robe est pour le moins troublante (c'est le cas de le dire) : elle fait "jus de fraise cuite", hésitant entre rouge, orange/tuilé et rosé ... et elle est trouble, donc. Cela ressemble aussi à un  : Bourgogne rouge en fin de vie que vous auriez remué juste avant d'ouvrir... Pour être honnête, elle est plutôt inquiétante pour un buveur de vin "classique", mais probablement excitante pour un pilier de bar à vins nature ;-)

Le nez rassure en nous ramenant sur des odeurs connues ... et agréables : cerise rouge, rose, écorce d'orange (voir fleur d'oranger), épices douces, terre humide pétrichor...  Mousseron, ajoute le chef.

La bouche est ronde, ample, caressante, avec une matière d'abord vaporeuse puis moelleuse/pulpeuse mais toujours dans un registre très léger, effleurant. L'ensemble est tendu par un fil invisible, sans que l'acidité ne saille.

Celle-ci apporte son grain de sel dans une finale tonique, gourmande, très marquée par la griotte, et qui se conclut sur une mâche finement crayeuse évoquant la rose et le sel*.

Malgré donc un visuel plutôt négatif, le nez et la bouche sont des plus positifs. Ce vin a illuminé mon après-midi. Et ce n'était pas du luxe, vu qu'on était dans la grisaille humide... Eric R. a trouvé qu'il était marqué nature. Moi, pas trop, et pourtant, je suis sensible à cela. Alors nature, peut-être, mais le nature que j'aime : libre et pur, sans entraves. 

Je l'ai regoûté ce matin, au moment où j'écris ces lignes : la toute fin de la finale fait un peu plus nature dans un sens que j'aime moins. Mais tout le reste n'a pas bougé d'un iota. Il me semble donc tout de même préférable de l'ouvrir ... et de le boire dans les heures qui suivent l'ouverture. Ça ne devrait pas être trop difficile.
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* cette signature "rose et sel" étant celle de la Romanée-Conti, vous avez l'occasion de faire rêver vos convives en servant ce vin à l'aveugle. Peut-être s'imagineront-ils boire durant quelques minutes le mythe absolu ?...


mercredi 13 septembre 2017

T'as beau pas être Baux...


(se lit en écoutant Louis Chedid). Je vous la refais courte : l'appellation Baux de Provence est réservé aux rouges et aux rosés. Les blancs, ben, tant pis pour eux... Jusqu'à l'année dernière, ils étaient relégués en Coteaux d'Aix. Mais cette année, il y a du nouveau : ce vin est en IGP Alpilles, ce qui est ma foi plutôt joli, et nettement plus évocateur.

Pour rappel, cette cuvée est un assemblage de Grenache blanc, Rolle et Sauvignon, vinifié et élevé en cuve pour ne surtout parasiter le fruit et la fraîcheur d'origine.

La robe est or pâle, aux reflets argentés.

Le nez est tentateur, sur la bergamote de Nancy, la pomme mûre, les fleurs blanches, avec un arrière-fond d'amande. 

La bouche est ronde, croquante, fraîche, d'une gourmandise absolument irrésistible. L'équilibre est bluffant pour un vin du sud et la digestibilité totale (alors qu'il "pèse" tout de même 13.5 %). Seul problème : on pourrait s'enquiller la bouteille sans s'en apercevoir... 

La finale est fraîche, nette, tonique, avec une fine mâche crayeuse qui s'invite assez longuement : Cette – agréable et stimulante – astringence ne doit pas être étrangère à ce sentiment global d'équilibre.  À moins de 10 €, ce vin blanc fait partie sans conteste  des grands  incontournables de notre site. 

mardi 12 septembre 2017

Feux de Forez : à vous rendre pyromane !


Maxime, le neveu d'Odile et Jacky, a beaucoup appris ces 4 dernières années à la cave Verdier-Logel. Symboliquement, il était temps de mettre fin à sa cuvée Apprendre à Lyres. Néanmoins, il faut bien en faire quelque chose, de ces vignes. Ça aurait pu s'appeler "totalement des lyres". Ce sera en fait Feux de Forez. L'occasion de rappeler que ça se prononce Foret et non Forezzz. Comme sa prédécesseuse, cette cuvée a été élevée en fûts de chêne. Mais cet apport est vraiment discret : on le sent juste en final, et il est des plus positifs. Bref, il y a tout le feu de la jeunesse de Maxime dans ce vin, le feu du terroir volcanique, le feu qui s'allume dans les yeux des personnes qui le boivent. On comprend pourquoi feux est au pluriel ;-)

La robe est pourpre sombre translucide..

Le nez est fin, frais, sur des notes de cerise noire, de quetsche, d'épices de Noël (ça fait un peu vin chaud alsacien, mais froid). Une petite touche florale, aussi, entre violette et pivoine.

La bouche est ronde, ample, fraîche, avec une matière dense et veloutée, charnue, au fruit gourmand, charmeur. Mais il ne faudrait pas limiter le vin à cette gourmandise : on sent qu'il y a du fond qui ne demandera qu'à s'exprimer avec le temps.

La finale savoureuse gagne encore en densité sans néanmoins se durcir. C'est intense, avec un fruit vibrant et le chêne qui pointe joliment son nez sur des notes épicées/grillées. C'est vraiment très très bon. Et le prix est des plus raisonnables : 9.20 €.


lundi 11 septembre 2017

Chardo né autre part...


(ça s'écoute en écoutant du Maxime le Forestier). Il ne faut pas chercher dans cette cuvée Gaïa signée Barouillet un succédané à un blanc bourguignon, si ce n'est peut-être certaines cuvées levroutées mâconnaises. Si filiation il devait y avoir, on pourrait voir plutôt dans ce vin un Morillon du Nord (relatif, certes). En effet, Gaïa ressemble un peu au Chardonnay surmaturé de Jeff Carrel tout en tombant moins dans l'extrême ( équilibre plus frais,  pas de sucres résiduels). Si vous lui trouvez des bons compagnons de table – foie gras légèrement fumé, jambon cru élevé longuement, volaille crémée aux champignons, pâtes dures affinées... –  il devrait réjouir tous vos convives :-)

La robe est jaune d'or assez intense.

Le nez est intense, sur la poire au sirop, la pomme chaude, le beurre noisette et le pain d'épices.

La bouche est ronde, douce, enveloppante, avec une chair dense et moelleuse, et une fraîcheur provenant plus de la sensation minérale/caillouteuse que de l'acidité perçue. C'est néanmoins bien équilibré, sur une aromatique généreuse dominée par la pomme rôtie au beurre. 

La finale finement crayeuse – signature du terroir argilo-calcaire – se mâche avec plaisir, avec toujours ce bon goût de pomme beurrée/épicée qui persiste assez longuement. 


vendredi 8 septembre 2017

Boucicaut : nature, ou pas ?


En 2002, Claudie et Bruno Bilancini avaient acheté un petit domaine à Pomerol (0.6 ha). Bruno avait pu alors sortir un peu de l'univers du liquoreux pour aborder la vinification et l'élevage des vins rouges.  Ce qu'il avait fait à l'époque peut paraître presque banal aujourd'hui, mais c'était alors révolutionnaire : aucune extraction, que ce soit par remontage ou pigeage (juste un léger "mouillage du chapeau" comme on dit). Par contre, une longue durée de macération – une quarantaine de jours –  jusqu'à ce que les raisins aient libéré tout ce qu'ils avaient à donner. Aussi n'était-il même pas la peine de pressurer en toute fin : Bruno ne gardait que le vin de goutte.  Il en résultait un vin très doux en bouche, complexe aromatiquement, qui avait du fond sans en avoir l'air. J'ai eu la chance d'en boire un qui avait plus de 10 ans : il était loin d'être en fin de course (pour quelques infos, vous pouvez aller ICI).

L'aventure n'a pas duré, car la période de vinification des rouges correspondait à celle des vendanges à Tirecul la Gravière où Bruno surveille le pressoir comme le lait sur le feu (une partie de la qualité des liquoreux du domaine vient de la maîtrise du pressurage). Et l'air de rien, il y a deux heures de trajet aller-retour entre Monbazillac et Pomerol. Le mini-domaine a donc été revendu à un gros qui l'a intégré à son parcellaire.

Mais l'envie de produire des vins rouges était toujours bien là. Aussi a-t-il saisi l'opportunité lorsqu'on lui a proposé l'année dernière 6 hectares de vignes à l'extrême sud de l'appellation. Un terroir quasiment lunaire. Non par ce qu'il aurait été désherbé sauvagement, mais parce que le calcaire y affleure en de nombreux endroits et qu'il y a de la caillasse blanche un peu partout. 


Parce que sinon, à l'instar de Tirecul la Gravière, ce nouveau domaine est désormais conduit en bio certifié, et aura le label une fois la conversion terminée.

Bruno a identifié des lots très différent les uns des autres en terme de combinaison cépage/âge de la vigne/sol. Il a produit dès la première quatre cuvées différentes, voire cinq –  la décision sera prise à la fin de l'élevage. Pour  l'instant, il n'y en a que deux qui sont mises en bouteille. Les autres reposent encore dans le chai à barrique de Tirecul. 

J'avais dégusté en avant-première Boucicaut et Boucicaut nature à la fin du printemps. À l'époque, le Nature avait mieux supporté sa mise en bouteille. Il était rond, gourmand, très expressif. Alors que le "normal" était plus serré. La dégustation d'hier montre que les choses se sont inversées : Le "normal" s'est ouvert alors que le "nature" s'est refermé. Nous vous conseillons d'attendre qu'il passe l'hiver pour le déguster. Par contre, il vaut mieux l'acheter maintenant car nous n'en aurons plus d'autre : il n'y en a plus une bouteille de disponible au domaine. 

Précisons tout de même que le "normal" pourrait quasiment être considéré comme un vin nature : il ne contient que 25 mg/l de SO2 total. 



La robe est pourpre sombre opaque, faisant songer à de l'encre violette.

Le nez est très expressif et gourmand, sur la crème de fruits noirs et les épices douces. Et puis une touche de benjoin.

La bouche est ronde, veloutée, avec une belle tension, un fruit mûr et généreux, mais les tanins prennent assez vite le dessus. 

La finale est ferme, serrée, mais j'oserais dire : pas plus que de nombreux vins rouges solides du Sud-Ouest (Madiran, certains Cahors, Buzet...). Mais néanmoins, je trouve dommage de le boire dans cette mauvaise phase. Patience... 


Boucicaut 2016 (9.50 €)

La robe est pourpre sombre violacé, mais plus translucide.

Le nez est plus en retrait, même si la gamme aromatique est proche (fruits noirs bien mûrs/épices). Il y a aussi une odeur de jus de raisin, ce qui n'est pas si courant dans un vin.

La bouche est plus longiligne, avec une matière plus souple, entre soie et velours, du fruit et de la fraîcheur à revendre. C'est très bien équilibré, vivant ... presque nature, quoi (dans le bon sens du terme). 

La finale est plus "Bergerac" avec une mâche solide. Ceci dit, on est dans le bien mûr. Avec un plat de cuisine du Sud-Ouest, les tanins vont se fondre instantanément, apportant juste une belle assise au vin. 

jeudi 7 septembre 2017

Saint Pourçain, terres de ROA...


... mais aussi terre des Rois, puisque nous sommes dans le Bourbonnais, berceau de la dynastie des Bourbon ( et non d'une fameuse eau de vie). Si vous avez du mal à le situer, cela se situe entre le Berry au nord et l'Auvergne au sud. 

ROA, c'est l’acronyme de Raisins – Organics – Attitude. C'est en effet le seul domaine de l’Appellation Saint-Pourçain à être certifié bio. Il est géré par la famille Tisserand : Claudine et Luc, les parents,  Loren, leur fille. La superficie totale est de 18 ha, avec deux grands parcelles différentes : Le sol sableux de la première laisse s’exprimer d’avantage le fruit tandis que le sol granitique de la seconde permet à la minéralité du terroir de l’emporter.

Les cépages classiques de l'appellation sont le Chardonnay, le Gamay et le Pinot Noir. Mais il existe aussi un cépage que l'on ne trouve que là-bas : le  Tressallier 

La démarche durable de Claudine & Luc s’est poursuivie au-delà du vignoble lui-même, notamment lors du choix des matériaux pour la construction d’un chai bioclimatique (ossature bois, briques de chanvre et chaux, ouate de cellulose, enduits à la chaux…).

Leurs vins sont peu sulfités, avec environ 20 mg/l de SO2 libre à la mise.

Pour la petite histoire, Eric R les a découverts sur un salon nature en juin dernier. Il a flashé sur certains de leurs vins. Comme ils étaient bio, peu sulfités, avec en plus un cépage rarissime, il était difficile de ne pas les référencer... 



Cuvée A 2016 (9.50 €)

(60 % Tressalier, 40 % Chardonnay)

La robe est jaune pâle aux reflets argentés. 

Le nez évoque la noisette fraîche, les fruits blancs, la craie humide, avec une petite touche beurrée. La bouche est ronde, fraîche, limpide, avec un côté "eau de roche" très désaltérant, tout en en manquant pas de profondeur. 

La finale dévoile une fine mâche crayeuse, avec un retour sur la noisette, la pomme et le beurre, et un joli prolongement salin. 

Très joli rapport qualité/prix pour ce vin qui sera très polyvalent de l'apéro jusqu'au fromage. 




Tresse à Lier 2015 (11.90 €)

(100 % Tressalier)


La robe est très proche du précédent.

Le nez est au départ assez discret; sur des notes de pomme et poire bien mûres,  et une touche plus minérale (pierre humide). Avec l'aération et le réchauffement, le nez gagne en ampleur et en expression. Du miel d'acacia apparaît. 

La bouche élancée allie rondeur et tension, avec une matière dense et douce, au toucher moelleux/velouté. L'équilibre général est remarquable et laisse augurer une bonne garde. 

Dans un premier temps, la finale prolonge la bouche  sans la moindre rupture, puis arrive en rétro une mâche puissante avec une astringence marquée qui vous assèche presque violemment  les papilles. Mais c'est une violence des plus agréables dont on peut rapidement ne plus se passer. On en réclame encore. Et encore. Il faudrait ne le vendre qu'en magnum, celui-là...

Un beau vin de gastronomie qui devrait pouvoir accompagner avec brio des poissons nobles (bar, lotte, sandre), des crustacés ou des volailles crémées. S'il est déjà très bon aujourd'hui, je pressens qu'il gagnera à être gardé 3-5 ans pour dévoiler toute sa complexité.



Cuvée R 2015 (9.50 €)

La robe est grenat bien translucide. 

Le nez est fin, aérien, sur la quetsche chaude, les épices douces, avec un soupçon de fumée. 

La bouche est ronde, fraîche, fruitée, avec des tanins qui démarrent soyeux pour ensuite se durcir. Dommage, car on sent plein de gourmandise derrière tout ça ! 

La finale elle aussi est ferme. Serrée, comme on dit.  Avec là aussi en arrière-plan du fruit, des épices, ce p'tit goût de terre du Pinot.

Bon, ça, c'est en dégustation pure. En fait, je l'ai testé avec mon repas d'hier soir (poêlée de potimarron et fromage de chèvre) et les tanins se se miraculeusement fondus. Finalement, la dureté initiale permet au vin plutôt léger de ne pas se faire écraser par le plat : il reste bien présent en bouche, sans la moindre sensation désagréable. À 9.50 € la bouteille, le rapport qualité/prix est irréprochable !

mercredi 6 septembre 2017

Errotik le bien nommé :)

 

Ce vin est blond comme Jennifer Aniston, mais il est fascinant comme Fanny Ardant ou Charlotte Rampling. Bon, on aurait pu aussi dire blond comme Elorri Reca, sa génitrice. D'autant que cette jeune vigneronne est presque aussi fascinante que les deux actrices sus-nommées. Comment réussit-elle à enchaîner les quilles magiques avec une telle régularité ? La réponse n'est pas dans Errotik 2015. Mais la confirmation de son talent, oui

Vous avez noté : avec cette cuvée, on revient en 2015 (alors que l'Irouléguy apparu il y a un mois le temps d'une journée sur le site était un 2016). C'est en fait les meilleurs lots du millésime précédent qui ont été élevé plus longtemps, exclusivement en fûts de 400 litres. Et c'est vrai que l'on sent de suite que c'est un peu plus mûr, un peu plus concentré, un peu plus minéral. Un peu plus boisé, aussi. Et un peu plus cher. Mais ça les vaut...

La robe est blonde, donc, avec des reflets dorés.

Le nez est magnifique, sur le coing confit, l'ananas séché, la mangue toute aussi séchée, et puis le beurre fumé, signature de l'élevage en bois. Avec l'aération, le nez perd en fruit pour gagner en minéralité : il fait plus "jus de caillou".

La bouche trace avec une grande intensité, mais sans s'énerver. On a presque l'impression que le temps se ralentit, voire s'arrête. La matière est d'une densité impressionnante, rarissime pour un blanc. Tout comme l'aromatique, hyper-mûre, mais d'une grande fraîcheur, toujours sur ces notes de fruits exotiques séchés. Du fruit de la passion, aussi.

La finale est puissante, tannique (faisant presque penser à un vin orange quant à la structure), d'une grande intensité aromatique, avec de l'ananas, du pomelos, du coing, du citron confit, quelques notes grillées, avec une persistance sur le fruit de la passion et l'ananas, quelques épices... et une sacrée fraîcheur !

J'adore déjà ce vin tel qu'il est, mais dans 5 ans, ça devrait faire une quille énorme ! La bouteille a été partagée hier soir avec des amis amateurs (pointus) : les avis ont été unanimes sur la qualité exceptionnelle du flacon. Et tout le monde a convenu qu'à 25 €, il était rare de trouver un vin blanc sec de ce niveau.




mardi 5 septembre 2017

Pinot noir Peillot : vers plus de finesse


Il est toujours difficile de savoir ce qui a eu le plus d'impact sur le profil d'un vin. L'effet millésime ou le travail du vigneron ? Sûrement les deux. Peut-être que l'on peut aussi se dire que le vigneron apprend d'année en année, en essayant de faire toujours mieux, avec néanmoins la contrainte du millésime qui donnera des raisins plus moins frais, mûrs, concentrés, etc

Mais pourquoi est-ce que je vous raconte ça ? pour reprendre une question d'un célèbre blogueur culinaire. Parce ce que je trouve que ce Pinot noir 2016 de Peillot ne ressemble pas à ses prédécesseurs. Certes, il y a l'effet millésime, mais j'aime aussi croire que le vigneron s'est dit "et si j'allais vers plus de finesse ?"  et qu'il a mis tout en oeuvre pour y arriver, que se soit dans l'extraction, les températures de fermentation, le pressurage, l'élevage... 

Conseil : Comme tout Pinot noir, ouvrir la bouteille une douzaine d'heures à l'avance, sans rien faire d'autres.

La robe est grenat bien translucide (pas de violacé !)

Le nez est assez intense, sur des notes de griotte, de pivoine, de terre humide et d'épices. Puis arrivent la fumée et un pétale de rose ancienne.

La bouche est ronde, ample, soyeuse, avec une matière souple, fraîche, digeste, au fruit expressif. L'ensemble est vraiment bien équilibré, avec juste ce qu'il faut de tension. Le vin n'en fait jamais trop. Ou trop peu.

La finale a une mâche gourmande, marquée par la cerise, la rose et les épices avec une touche crayeuse, pour se conclure sur le pétrichor*, signature ultime du Pinot noir.


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* L'autre jour, Olivier Humbrecht disait sur Facebook était impatient d'utiliser ce mot dans un commentaire de dégustation. De mon côté, c'est fait ;-)

lundi 4 septembre 2017

Verdanel, le bel inconnu


Probablement peu d'entre vous ont déjà bu du Verdanel. Il faut dire qu'à part dans cette cuvée de la famille Plageoles qui lui est dédiée, on ne le trouve nulle part. C'est au conservatoire de Vassal que Robert Plageoles est allé le chercher pour le multiplier ensuite à Gaillac. Dans les vieilles archives locales, on l'appelait le vin de feu. Si vous dégustez ce vin, vous saurez pourquoi ;-)

Des analyses ADN montrent un lien de parenté entre le Verdanel et le Savagnin. Lorsque l'on sait que ce cépage jurassien est aussi le père du Duras, on se dit qu'il y a eu pas mal d'échanges entre la Franche-Comté et le Gaillacois (probablement via le chemin de Compostelle, très fréquenté au Moyen-Âge). 

La robe est jaune paille, brillante.

Le nez est tout en délicatesse, sur le coing confit, la pomme séchée, avec des fines notes beurrées/grillées (alors que ce vin ne voit que la cuve).

La bouche est ronde, ample, charnue, avec une matière dense, profonde,d'une grande intensité aromatique (dans le registre perçu au nez). Ça envoie bien, tout  en restant classieux. C'est bien équilibré à condition de le servir plutôt frais, car on sent vite venir les 14.5 % d'alcool ... Bon, pas trop froid non plus, car l'effet est paradoxalement le même. Environ 10-12 °C,  donc.

La finale est finement mâchue, avec des notes de coing prononcées,  soulignées par des épices, persistant sur des notes salines/crayeuses.

On sent que le vin ne dévoile aujourd'hui qu'une petite partie de son potentiel. On imagine qu'il sera beaucoup plus complexe dans cinq ans. Et on espère que son tempérament de feu se sera calmé un peu... 


vendredi 1 septembre 2017

Brise d'Aunis : sous le gaz, la glisse...


Brise d'Aunis, c'est la version civilisée d'un cépage pas toujours facile d'accès : le Pineau d'Aunis. Pour cela, l'équipe de la Grange aux belles le cajole. Elle l'égrappe en douceur avant de l'encuver. Il n'y restera que 7 jours, en laissant l'extraction se faire tranquillement, sans brutalité ... et sans soufre. Voilà d'où vient l'effet glisss.. ant de Brise d'Aunis. 

Mais pour l'avoir dans votre verre, ça se mérite. Car à l'instar de l'Aubinaie évoqué mercredi dernier, le vin contient du gaz carbonique. Et comme anti-glisse, y a pas mieux : le vin s'accroche aux papilles de façon assez désagréable. Donc secouage (prudent), repos. Secouage, repos. Et puis encore un secouage, histoire d'être débarrassé une fois pour toute. Et là, le vin est prêt à être bu !

La robe est grenat sombre translucide.

Le nez est intense, sur le poivre, le cassis, le cuir, avec une petite touche fermentaire. 

La bouche est ample, fine, soyeuse, prenant progressivement de la chair et du corps, avec ce côté "juteux/brut de cuve" et un poivre toujours bien présent (la signature du cépage).

La finale est charnue, puissante, avec la rusticité du Pineau d'Aunis qui s'exprime enfin. Mais c'est une rusticité joyeuse, gourmande. Celle qui vous fait claquer la langue de bonheur. Elle est flagrante lorsque le vin est bu seul. En fait, dès que vous l'accompagnez d'un plat, celle-ci se fond, apportant juste du corps au vin.