vendredi 28 avril 2017

Coganis, paradoxe liquide


Je vous ai parlé hier du Cour Cheverny de Philippe Tessier. Aujourd'hui, place à un rouge du même producteur qui n'a pas l'appellation Cheverny, car il ne contient pas de Pinot noir. Or,  Coganis est un assemblage de CÔt, de GAmay et de Pineau d'AuNIS. Cela donne un vin assez unique en son genre, plus puissant qu'un Cheverny habituel, plus élégant que la plupart des cuvées à base de Pineau d'Aunis (côteaux du Vendômois, par ex). 

La robe est grenat sombre aux reflets pourpres.

Le nez est incisif, mêlant les fruits noirs sauvages (prunelle, sureau), le poivre et une touche de cuir, le tout tonifié par une fine volatile

La bouche est ronde, ample, soyeuse, tendue par une fine acidité, avec l'impression de faire face à un paradoxe liquide : le vin semble très dense tout en restant très aérien. En fin de bouche, l'explication arrive : la matière est nettement plus imposante qu'elle semblait l'être au départ, tout en restant dans la même dynamique.

La finale mâchue aux tanins bien mûrs, savoureux,  fait  irrépressiblement penser à une belle cuvée de Cahors. Du coup, on rêve de déguster ce vin sur un plat du Sud-Ouest qui lui fera honneur.Toutefois, cette tannicité est vivifiée par une acidité ligérienne qui la vivifie et l'allège. La dernière impression que l'on a de ce vin est la fraîcheur.

Un vin assurément intrigant qui baladera beaucoup les dégustateurs qui le boiront à l'aveugle.

PS : au bout de plusieurs jours d'ouverture, il gagne en fruit et en harmonie, sans la moindre trace d'oxydation. La finale se fait plus souple, aussi. Ne pas hésiter à bien l'aérer, donc.


jeudi 27 avril 2017

Les sables ... émouvants


Cela faisait plusieurs années qu'Eric R et moi goûtions sur des salons les vins de Philippe Tessier. Comme nous travaillions depuis longtemps avec Michel Gendrier sur cette appellation Cheverny/Cour Cheverny, cela nous semblait un peu délicat de se servir chez le voisin. L'année dernière, j'ai l'occasion de les re-boire. Et c'est vraiment un choc gustatif. J'en parle à mon chef, qui hésite encore. Et puis il y a un mois, il les re-découvre au même salon : et là, il craque. Nous allons les référencer. Finalement, ça se passe bien avec Gendrier, puisque les vins arrivent sur la même palette. 

Pour l'instant, Eric n'a choisi qu'un blanc, Les sables 2015 dont je vous cause aujourd'hui. Et un rouge, Coganis, sont je vous parlerai demain. Mais il est probable que la gamme s'élargisse avec le temps. 

La robe est or clair.

Le nez est rond, complexe, sur des notes de poire et de pomme séchées, de noisette fraîche, et une pointe de beurre fumé. Avec  l'aération arrivent aussi du pralin et de la cire d'abeille. 

La bouche est à la fois longue et large, avec une matière aérienne, caressante, confinant au moelleux, et une fine acidité qui apporte niaque et tension. L'équilibre général est juste superbe, n'ayant pas grand chose à envier à nombre de blancs beaucoup plus cotés. 

La finale ne manque pas de niaque, avec le trio acidité/amertume/astringence. C'est simultanément trash et jouissif.  Et la persistance (acidulée) sur l'agrume est des plus impressionnantes... À ne pas servir à tout le monde, tout de même. Y en a qui risqueraient l'apoplexie...

PS : j'ai goûté la semaine dernière le 2011 à l'Envers du décor (à Saint-Émilion). La "filiation" avec ce 2015 est évidente : même profil, même texture, même acidité, avec une aromatique encore plus baroque qui pouvait ne pas plaire à tout le monde (ce fut le cas, d'ailleurs). Perso, j'ai beaucoup aimé : avoir des vins cette qualité et de cette expressivité pour moins de 15 €, c'est une chance pour l'amateur, pour peu qu'il soit ouvert d'esprit. 

PS 2 : pour le titre, c'est un clin d'oeil à Gainsbourg (éloignez les enfants si vous ouvrez le lien)




mercredi 26 avril 2017

Brulius ou Mont Brulius ?


C'est l'histoire d'une rencontre. Non pas avec les vignerons – nous nous sommes faits face quelques minutes, mais quand vous êtes à la Dive, pas moyen d'avoir un échange satisfaisant : vous dites bonjour, tendez votre verre, dégustez, dites merci et au revoir,  ... et on passe au suivant – mais avec des vins. Qui finalement parlent très bien de ceux qui les ont enfantés (a priori soigneux, perfectionnistes ... et hédonistes). Lorsque Eric R m'a demandé ce qui m'a le plus plu lors de mon escapade ligérienne, Léonis était en tête de peloton. Dans mon gros carnet à spirales, j'ai noté les différentes cuvées entre TB et excellent. Pour des vins du Beaujolais, c'est plutôt rare, car c'est loin d'être ma came favorite.

À l'époque (début février), les 2016 étaient encore en cuve. Ils avaient une spontanéité qu'ils ont un peu perdue avec la mise en bouteille. Mais ce n'est qu'une mauvaise phase à passer. Rien qu'avec une bonne aération, ils changent du tout au tout. 



La robe est rubis sombre, translucide.

Le nez est encore austère, sur des notes de rafle, avec en arrière-plan du fruit noir (sureau, prunelle).

La bouche est ronde, ample, soyeuse, enrobante, avec une tension ultra-précise et implacable. Le fruit s'y dévoile un peu plus, sans être exubérant. La fraîcheur et l'équilibre sont remarquables. 

La finale est encore serrée, donnant des tanins crayeux/poudreux. On sent plein de belles choses en devenir, mais pour l'instant, il va falloir encore patienter (au minimum) quelques mois.



La robe est grenat sombre, translucide.

Le nez est plus avenant, sur la cerise noire, noyau inclus, la mûre et les épices.

La bouche est plus ample, avec une matière plus dense et veloutée, juteuse. C'est impressionnant de concentration, mais en même temps, pas lourd pour un sou : au contraire, on est dans le registre frais, et digeste. Le miracle des vieilles vignes. Là encore, une belle tension qui ne vous lâche pas, mais plus enrobée que dans Brulius. 

La finale est puissante, mâchue, mais toujours dans un style frais/fruité, et une touche saline/minérale. C'est déjà très accessible et gourmand. En même temps, c'est dommage de s'arrêter à son "fruité primaire". Cette cuvée mériterait d'être attendue au minimum 5 ans pour offrir tout ce qu'elle a à donner. 

Ceci dit, si vous voulez vous faire plaisir aujourd'hui, nous vous  conseillons plus Mont Brulius que Brulius. Dans quelques mois, il est probable que les choses auront évolué.

PS : j'ai embarqué le WE dernier la bouteille de Mont Brulius, alors que le chef a pris Brulius. Dans les deux cas, les vins se sont ouverts sur trois jours, ne faisant que s'améliorer. 


mardi 25 avril 2017

Cluya blanc, le retour !


Cluya blanc, c'est une très vieille histoire avec Vins étonnants. Ce fut d'ailleurs la première cuvée des Mondon qui fut référencée sur le site (avec Rav par 6). L'étiquette n'était pas celle d'aujourd'hui (moins sobre). Par contre, la flûte alsacienne était déjà à l'honneur. Mais le gros changement, c'est le cépage. Alors que le vin était issu du Viognier, il est aujourd'hui 100 % Gewurztraminer.

Cluya, c'est le nom local de la claie sur lequel les grappes de raisins étaient entreposées jusqu'à ce qu'elles se dessèchent. Elle n'est plus utilisée aujourd'hui, mais il y a toujours un passerillage naturel de plusieurs mois dans un local dédié. Contrairement au processus de botrytisation – le plus courant en Alsace  les raisins ne sont pas transformés chimiquement par les champignons parasites. Il y a juste une concentration. Cela explique en partie la différence stylistique avec les Vendanges tardives et les SGN alsaciennes.  

La robe est d'un or intense, avec des larmes sur les parois du verre.

Le nez fait très Gewurz tout en restant sur la finesse et une certaine retenue : rose, litchi, cédrat, gingembre confit, poiré séchée (un côté berawecka).

La bouche est tendue, avec une acidité incisive et traçante. La matière, dense, riche, moelleuse passe au second plan. Elle est très marquée par les fruits confits et des notes miellées, façon pain d'épice.

La finale est savoureuse, mêlant subtilement amertume et astringence, sur des notes d'agrumes confits et d'épices orientales. La saveur sucrée est peu perceptible alors qu'on très loin d'un vin sec (90 g/l).

Ce vin sera parfait avec un foie gras qu'il n'alourdira pas. Ou des pâtes dures (Comté, Parmesan). Ou encore des tartes aux fruits. 

lundi 24 avril 2017

Le million !!!


Le jour où Eric R. m'a demandé de lancer ce blog en septembre 2012, je ne savais pas trop où j'allais, que ce soit en terme de contenu, de format, de rythme de publication... Quant aux nombres de personnes qui lirait ma prose... ce serait la surprise. 

Il est vite devenu quotidien – enfin, les 5 jours où je travaille – et progressivement, nous avons pu constater qu'un lectorat fidèle s'était formé  et grossissait de mois en mois. Quatre ans plus tard, le nombre de pages lues par jour oscille entre 800 et  1200. Ce qui reste modeste comparé aux "poids lourds" du secteur (comme lui ou lui, et puis bien sûr ELLE), mais plus important que la plupart des petits blogs d'amateurs ou de vignerons. 



Nous venons donc de dépasser le million de pages lues. Un cap que les anglophones qualifieraient de milestone (borne kilométrique, dirions-nous ?). Cela ne bouleverse pas notre quotidien, mais il fallait tout de même marquer le coup. Surtout que c'est peut-être la dernière fois que je m'en charge. Nous ne ferons rien d'autre avant les 10.000.000 de pages lues. Au rythme actuel, quand bien même la retraite serait repoussée à 65 ans, je me reposerai à l'ombre d'un cocotier en Islande.

Sur la banderole figurent les articles les plus lus du blog (deux concernent Bordaxuria) mais aussi les visites chez les producteurs. Ce sont celles-ci qui me tiennent le plus à coeur, et qui apportent une vrai plus-value. Voici la liste :






















Merci à tous pour votre soutien et votre fidélité !

vendredi 21 avril 2017

Dans la vie l'équilibre est essentiel


J'avais eu l'occasion de boire il y a quelques mois l'Équilibre 2015 de Pero Longo, et je l'avais plus apprécié que le 2014 : on retrouvait la finesse qui faisait le charme du 2012 et du 2013. Maintenant que nous l'avons reçu, ce serait une erreur professionnelle de ne pas vous en parler sur ce blog. Cette cuvée permet de réconcilier les amateurs de vins sudistes avec les "palais de filettes" qui n'aiment d'ordinaire que les nectars de Bourgogne. Et pour un prix des plus raisonnables (12.50 €). 

La robe est grenat sombre, mais bien translucide. 

Le nez est fin et profond, sur des notes de fruits rouges confits (fraise, framboise), de fleurs (rose séchée, pivoine) d'épices (poivre, laurier), avec une touche de fumée et de cuir. 

La bouche est élancée, avec une matière ample et soyeuse, au fruit dense et frais, revigorant. Comme en Bourgogne, la légèreté n'est qu'apparente. On sent qu'en arrière-plan, y a du matos qui ne demande qu'à se réveiller... 

La finale, encore un chouïa serrée/austère, limite un peu le plaisir. Dans quelques mois, tout cela devrait s'arrondir et se complexifier (et dans un an, je n'en parle même pas...). Mais d'ores et déjà, avec de l'agneau confit, le vin devrait combler vos convives. 




mardi 18 avril 2017

Des nouveautés... et encore des nouveautés !


Cela aurait pu faire l'objet d'une newsletter, mais le temps nous est compté en ce moment. Voici donc en quelques lignes les dernières nouveautés du site. 

Nouveaux vignerons 



Nous les avons rencontrés à plusieurs salons. Nous avons goûté et regoûté leurs vins. À chaque fois, c'est un coup de coeur. Un peu dans l'esprit d'un Jean-Michel Deiss, ce couple privilégie la complantation, et donc les assemblages de plusieurs cépages dans les cuvées. Il en résulte des vins qui font bien penser à l'Alsace ... tout en s'en écartant sensiblement. Le plus bluffant, peut-être, est qu'ils sont vinifiés et élevés sans sulfites. Cela ne se ressent pas du tout : ces vins sont accessibles à tous, "non initiés" inclus. 


Léonis (Raphaël et Christelle Champier, Beaujolais)

Là, c'est à la Dive que le choc de la découverte a eu lieu : tout était au minimum très bon. Et la plupart du temps excellent. Nous ne pouvions pas ne pas les référencer. Comme les précédents, le soufre est absent des vinifications (éventuellement 10 mg/l à la mise) et cela ne se ressent pas du tout : pureté et gourmandise sont aux rendez-vous. 

Les nouvelles cuvées


La Familia 2015 de Frédéric Sigonneau, c'est le Cab'Franc de Loire comme aime : croquant, gourmand, idéal sur un casse-croûte entre copains ou le poulet du dimanche familial. 

Chez Valentin Morel, trois nouvelles cuvées qui n'étaient pas en bouteille lors de la première commande : deux savagnins (l'un oxydatif, l'autre ouillé) et un Chardonnay de macération

Chez Pignier, deux nouvelles cuvées : À table avec Léandre, un vin extra-ordinaire à tous points de vue (11 vieux cépages différents) et le Gamay blanc, un Chardonnay ouillé élevé en cuve béton ovoïde. 

Chez Costes Cirgues, deux nouvelles cuvées sans soufre : le rosé et le Parrain (100 % Mourvèdre). Il y a aussi le Syrault vinifié par Robin, l'oenologue de la famille. 

Au Château de Plaisance, nous avons pris le Fronton "générique" qui s'avère frais et gourmand pour un prix raisonnable (8 €). 

Chez Vini Viti Vinci, il y a un mix de nouvelles cuvées et de nouveaux millésimes. A voir ICI

Les come back


Comme vous pouvez le voir, Terres salées blanc est de retour. Nous savons qu'une bonne partie des bouteilles sera bue dans l'années qui vient. Mais cela ne nous empêchera pas de vous conseiller de les laisser au moins cinq ans en cave avant d'en ouvrir : cela change tout !

Retour d'un autre "monstre sacré" : LBV de Carrel. Un Sauvignon languedocien mûr et concentré, vinifié en barriques. On adore ou on déteste. Mais par expérience, on peut dire que les adorateurs sont plus nombreux que l'autre groupe.
Son Coeur d'Artichaut rosé 2016 qui a connu le succès l'été précédent revient également

Nouvel arrivage du Domaine des Cavarodes avec Chardonnay Lumachelles 2015 et Savagnin Ostrea Virgula 2014. Les Poulsard sont malheureusement à nouveau déjà quasi épuisés ainsi que le Chardonnay de Messagelin. 

Les premières cuvées du millésime 2016 de Jean-Claude Lapalu sont désormais en stock y compris sont blanc, de facture plus classique sur ce millésime.



En Bourgogne, les magnifiques 2015 avec ses étiquettes au style inimitable de Nicolas Vauthier Vini Viti Vinci sont arrivés depuis une quinzaine de jours.

En Corse, Equilibre 2015 et Sérénité 2016 de Pero Longo dont la qualité régulière n'est plus un secret pour personne sont en stock. Les Faustine blanc et rouge d'Abbatucci ne devraient pas tarder.



Une partie des francs de pied du domaine Marionnet, avec qui nous travaillons depuis 15 ans (eh oui ils faisaient partie de la gamme des 12 vins du début en 2003) revient dans notre entrepôt. Welcome au Sauvignon Vinifera 2016, Chenin Vinifera, Gamay de Bouze 2015 et Renaissance 2016. Ce dernier est en fait la cuvée Gamay Vinifera mais vinifiée sans sulfites ajoutés. Un vision du Gamay qui nos ancêtres buvaient peut-être il y a deux siècles.


Sauvignon Misty Cove : une certaine idée de la perfection


Comme promis mardi dernier, je vous poste aujourd'hui un nouveau billet avant de re-disparaître quelques jours. À partir de la semaine prochaine, ce sera "retour à la normale", et ce pour plusieurs mois :-) 

Le Pinot noir de Misty Cove nous ayant convaincu, nous avons profité d'une nouvelle commande chez notre fournisseur pour prendre son Sauvignon. Ceux qui ont déjà dégusté des blancs néo-zélandais ont pu constater une exubérance certaine.  Ce n'est pas le cas ici : sans tomber dans l'austérité, on est dans une sobriété élégante. Ce vin pourrait être placé dans une dégustation de Sancerre ou de Pouilly-Fumé sans être immédiatement repéré. S'il l'était, ce serait sûrement par la sensation de pureté cristalline qu'il dégage,  peu commune dans le secteur – la fermeture par capsule ne doit pas y être étrangère.  Franchement, l'essayer, c'est l'adopter, d'autant que le prix (15.90 €) ne me semble pas abusif au regard de la qualité. 

La robe est jaune clair, brillante. 

Le nez est fin, profond et expressif, sur des notes de groseille à maquereau, de fruit de la passion, de fleurs blanche, avec juste une touche de zeste de pomelo et une pointe de cassis. Et puis un fond de craie humide qui apporte fraîcheur et profondeur. 

La bouche est à la fois ample/ronde/pure, et en même temps élancée/fine/précise, dégageant une grande fraîcheur, soutenue par un léger perlant. L'ensemble est terriblement séducteur sans jamais tomber dans le démonstratif. 

La finale possède une mâche crayeuse où se mèlent des notes de zeste d'agrume et de de cassis frais, se poursuivant longuement sur le pierreux/salin. Un modèle quasiment idéal de Sauvignon, loin du style baroque de Cloudy Bay.


jeudi 13 avril 2017

Boire bon à Manhattan


Juillet 2016 fut l'occasion d'une escapade à New York et en particulier Manhattan. Mais bon, on ne se refait pas, pas question de boire n'importe quoi, même entre la rive de l'Hudson et de l'East River!

Première surprise, peu de vrais bars et en particulier de bars à vins compte tenu de la densité urbaine. En fait, beaucoup d'endroits où boire un verre mais...en mangeant. Une densité incroyable de restaurants, food trucks et autres chaînes de plats à emporter, qui donne l'impression que le New-Yorkais ne mange jamais chez lui.

Dès que tu commences à devenir exigeant, la note grimpe vite car, en plus, tu oublies, en bon français, que l'affichage des prix TTC n'est pas obligatoire, il te faudra ajouter 8.8% de taxes, et que le service n'est pas compris, rajout de 10 à 25% en plus.

Amateur de vin nature, chez Ten Bells passer tu dois ! Incontournable à Manhattan, situé dans le Lower East Side, Ten Bells est "ze" bar à vins avec un choix digne des meilleurs bars à vin français.
Un nombre impressionnant de producteurs dont même un bon nombre difficilement trouvables ici.


L'entrée ne ressemble à rien du fait d'un échafaudage sur l'immeuble.

La photo sans l'échafaudage issue du site web de Ten Bells....





Venir tôt le vendredi et le samedi soir sous peine d'avoir à faire la queue pour avoir une table ou un tabouret disponible car l'endroit est pris d'assaut à ces moments là. 

Le site de Ten Bells




Juste à l'opposé, côté Hudson, vous trouverez Terroir dans le quartier de Tribeca, dans les anciens quartiers des docks de la rive ouest à un jet de pierre de la fin de la ballade dans Battery Park. Vous partez de South Ferry puis remontez tranquillement le long de l'Hudson avec vue sur la statue, Ellis Island et le New Jersey. Passez le petit port du North Cove avec un crochet dans le jardin d'hiver et ses palmiers de 12m. Remontez jusqu'à l'esplanade nord et vous serez à un jet de noyau d'olive de Terroir sur Harrison St et de sa terrasse.
Carte de vins plus internationale et moins marquée "nature" avec des happenings comme Riesling du monde en entier en juillet.
Attention, il n'ouvre qu'à 16h (le Terroir proche de la High Line dans la 15ème ouvre lui à midi



Le site de Terroir
http://www.wineisterroir.com/

La marche à pied ouvre l'appétit et on file chez Gloo , un restaurant ouvert depuis un an et demi par Christophe Garnier, cuisinier et amateur de bien boire sur Carmine St dans Greenwich Village.
Je ne vous cache pas que c'était avec un certain plaisir que je retrouvais du "vrai manger" de chez nous avec du "vrai vin". La carte des vins est particulièrement bien soignée et Christophe Garnier connaît les bons producteurs.



Superbe baie vitrée qui permet d'apprécie le spectacle de la ville qui ne dort jamais tout en restant au frais (en été)



Le site du de Gloo
http://www.gloonyc.com/ 

New-York est une ville fascinante et qui demande plusieurs séjours pour en découvrir toutes les facettes. Nul doute qu'il y aura une suite à cet article!


mardi 11 avril 2017

Syrault : un début prometteur !


D'abord toutes mes excuses pour ce silence inhabituel. Je reprends rapidement ma plume électronique pour m'en expliquer. J'étais en déplacement professionnel en début de semaine dernière, et depuis jeudi dernier, je suis en vacances ... pour deux semaines ! Je referai sûrement un autre billet en début de semaine prochaine, histoire de renouveler la page d'entrée de notre site. Mais sinon, il faudra prendre votre mal en patience...

Robin Althoff, le très doué maître de chai du domaine Costes-Cirgues, s'est lancé dans du micro-négoce, avec pour l'instant cette cuvée Le Syrault composée de Syrah et Cinsault. Evidemment, sans sufite ajouté comme il sait si bien le faire. 

Ce 2016 a été récemment mis en bouteille. On sent à l'ouverture qu'il est encore réduit/renfrogné, mais se goûte malgré tout remarquablement bien. Dans quelques mois, ça devrait être une petite bombe !

La robe est pourpre sombre translucide. 

Le nez est un peu réduit, mais on sent derrière le fruit noir bien mûr, le poivre gris, le lard fumé, une p'tite touche de violette.

La bouche est ronde, ample, veloutée, avec une matière juteuse, gourmande et épicée. L'ensemble est frais et équilibré, avec juste ce qu'il faut de tension. 

La finale mâchue, savoureuse, est encore un peu serrée. Mais on a bien les épices de la Syrah  et du fruit bien mûr, toujours sur la fraîcheur. Le vin ne fait que s'améliorer au fil de l'aération. Ouvert au travail mercredi dernier, il était encore meilleur hier midi (5 jours). Pas mal pour un vin non protégé !...

Ma mission du jour étant accomplie, je file vers le Médoc :-)


vendredi 7 avril 2017

Riesling Fuchsentanz : danse avec le renard


Oui, encore un Riesling étranger. N'en avions-nous pas suffisamment avec nos allemands, autrichiens et allemands ? C'est ce que nous nous disions avant de déguster ce Fuchsentanz de Diwald, un pionnier de la bio en Autriche (depuis 1980). Il nous semblait très différent de tous les autres déjà référencés. Un mélange de  zénitude et de gourmandise. Une évidence totale. Nous n'avions pas le droit de ne pas l'acheter.  C'est fait. 

La robe est jaune pâle, brillante.

Le nez est expressif, sur des notes d'herbe fraîchement coupée, de citronnelle, de pêche et d'ananas.

La bouche est élancée, d'une grande pureté, avec un léger gaz qui titille les papilles sans les agresser. Le toucher en bouche est doux et gourmand.

La finale, même si elle doit contenir quelques sucres résiduels, est nette et salivante, avec des notes crayeuses et un retour sur l'ananas frais et la citronnelle.

Un vin qui accompagnera idéalement les plats thaïs et exotiques.



mercredi 5 avril 2017

Mont Thabor : le 13 ne porte pas malheur


Il n'y avait plus de Châteauneuf 2012 au domaine. Le 2015 n'est pas disponible – mais le sera prochainement. Aussi, pour compléter le 2014 dont j'ai parlé  ICI avec un enthousiasme certain, nous avons fait rentrer quelques cartons de 2013. Ce millésime n'a pas une grande réputation, mais c'est justement ce qui en fait tout le charme. Ce vin a à peine 4 ans, et déjà il a basculé sur des notes tertiaires qui lui apporte une grande complexité. La bouche de demi-corps est elle aussi très abordable, avec un équilibre remarquable.  Bref, vous avez dans le verre à Châteaneuf "prêt à boire" sans avoir à patienter 10-15 an.  

La robe est grenat translucide, avec quelques reflets d'évolution.

Le nez subtil et complexe a déjà un vrai bouquet : cuir, liqueur de cerise, orange confite, tabac, épices douces...

La bouche est élancée, avec une matière élégante au toucher soyeux en début de bouche, puis velouté ensuite. L'ensemble est bien équilibré pour un vin à 15 % d'alcool, avec une tension qui ferait presque penser à un Saint-Chinian sur schistes.

La finale possède des tannins qui vous ramènent sur terre. Mais ils sont bien mûrs, sans une once d'agressivité. Il y a surtout le bonheur de retrouver la complexité aromatique  "décadente" perçue au nez : cuir, orange, épices torréfiés, pain grillé... Avec un agneau de 7 heures, vous serez au 7ème ciel avec ce vin !



lundi 3 avril 2017

Adoptez un vin de jardin !


Dans pas mal de régions, ce vin aurait du mal à passer pour un vin rouge. Enfin, pas en Bourgogne où l'on est proche de la couleur standard. À Murs-Erigné, on l'appelle depuis plus de dix ans un vin de jardin. Issu du cépage Grosleau, il n'en a pas la rusticité habituelle, ni la couleur. On est au contraire sur un vin qui peut plaire à ceux qui ne sont pas fans de vins rouges. 

La robe translucide est entre le vermillon et la cerise.

Le nez est plutôt fin, sur la groseille, la fraise écrasée, le poivre et une pointe de "bonbon anglais" (amylique en langage savant).

La bouche est ronde, ample, soyeuse, d'une grande légèreté. On a à peine l'impression d'avoir un liquide en bouche. Le fruit et la fraîcheur dominent alors que l'alcool semble totalement absent (ce qui est dangereux...).

La finale pinotante est plus terrienne, avec des notes d'humus qui se marient à la griotte et au poivre. Pas franchement de persistance... mais c'est pas grave : on en boit une autre gorgée, et puis voilà ;-)

Ce vin est bio, peu sulfité (moins de 20 mg/l), peu alcoolisé (11.5 % vol) ... et plutôt abordable (8.90 €). What else ?