mercredi 1 mars 2017

Petite fleur est devenue hénaurme



Il y a quelques années, Petite fleur était un chef d'oeuvre de finesse et de subtilité. Je parlais ICI de bouche vaporeuse tellement elle était irréelle. Les temps ont changé : la mode des vins oranges a débarqué en France, touchant un peu tous les vignobles. Il n'y avait pas de raisin que l'Alsace y échappe. Le principe de macération des peaux a donc été dévolu à cette cuvée Petite fleur... qui n'en est plus vraiment une. Le résultat est des plus intéressants, même s'il pourra déstabiliser les palais peu aguerris, mais il mériterait qu'on lui trouve un nom qui corresponde mieux à sa nouvelle personnalité, puissante et extravertie. 

La robe est entre l'orange et le doré, légèrement trouble.

Le nez est des plus expressifs, exubérant même, sur des notes de Muscat, of course, mais aussi d'écorce d'orange séchée et de rose (façon "pot-pourri").

La bouche est d'abord droite, tendue, puis prend de plus d'ampleur, avec une matière puissante, corsée, impétueuse, qui ne peut laisser indifférent : soit tu es fasciné, soit tu cours chercher direct une autre bouteille à la cave. Dans les deux cas, difficile de nier que vous êtes en train de vivre une expérience gustative unique en son genre.

La finale monte encore un cran en terme de puissance et d'intensité, avec une mâche appuyée doublée d'une aromatique explosive qui t'emmène direct dans un souk marocain. C'est d'ailleurs sans cette ambiance culinaire  maghrébine qu'il faut aller chercher les usages culinaires de ce vin : tajine, par exemple. 

Ce vin est à boire à 15-16 ° et non à 10-12 °C






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