mardi 17 octobre 2017

Et quatre étrangers de plus !


Vous êtes de plus en plus nombreux à nous acheter des vins étrangers : nous sommes donc amenés à nous réapprovisionner très régulièrement. Et à chaque fois – que voulez-vous ? – nous craquons pour quelques références supplémentaires. Voici donc quatre nouveautés provenant de quatre pays des plus différents. Trois issues de cépages que nous connaissons, mais provenant de contrées "exotiques". Et puis une quatrième qui rend hommage au Grechetto, totalement inconnu chez nous... 




(Lazio IGT -  Italie - Domaine en BIO)

La robe est or pâle clair, brillante. Le nez est fin, frais, sur des notes d'agrume confit, de beurre frais et de craie  humide (on pourrait se croire à Chablis). La bouche est ronde, fraîche, minérale, d'une grande intensité gustative, avec une matière bien mûre, presque douce, mais parfaitement équilibrée. Y a du monde dans le verre.... La finale a une fine mâche sur le citron confit/beurré, avec de belles notes crayeuses/caillouteuses du plus bel effet, sans ostentation toutefois. 



(Marlborough, Nouvelle Zélande)

La robe est  jaune pâle, brillante. 

Le nez  est aérien mais intense, sur des notes d'abricot, d'ananas, de verveine et de terpènes d'agrume (et une pointe de "pétrole" aussi). 

La bouche est tendue par un fil invisible tout en ayant une bonne ampleur, une matière limpide, cristalline à l'aromatique invasive. 

La finale est finement mâchue, terpénique à souhait, avec une belle persistance sur l'écorce de pomelo et la verveine citronnelle. 



(Croatie)

La robe est grenat translucide. 

Le nez est très "Cab", sur le cassis (fruit frais et bourgeon), le menthol et le poivre. 

La bouche est ronde, fraîche, avec des tanins soyeux, glissants, et une tension qui évoque les schistes languedociens. 

La finale a une mâche gourmande, avec un fruit bien présent et ce goût de terre que l'on trouve souvent dans les pinots noirs. Le tout se prolonge sur des notes de cassis relevées par des épices toastés.  


Carignan Orzada 2012, Odfjell (19.50 €)

(Vallée de Maule, Chili - domaine en BIO - Vignes de 60 à 100 ans)

La robe est pourpre sombre, limite opaque. 

Le nez est expressif, complexe, sur la crème de cassis, le tabac hollandais, avec une pointe de menthol et d'eucalyptus. 

La bouche est élancée, avec une matière à la chair dense, veloutée, au fruit et à la fraîcheur intense. Il y a une profondeur et une classe qui vous rappelle de beaux crus médocains. 

La finale est puissante, énergique, avec toujours le cassis bien présent, et le menthol qui joue les prolongations, souligné par de fines notes toastées. 

Tout amateur de grands Bordeaux (et de Carignan) doit goûter ce vin !






lundi 16 octobre 2017

Ananto : attention, pépite !


Ananto fait partie d'une nouvelle série de vins espagnols sélectionnés par Jean-Louis Denois. Celui-ci provient de la méconnue appellation Utiel-Requena située à  l'ouest de Valence. Le cépage local est le Bobal dont j'avais apprécié certaines cuvées issues à 100 % de celui-ci. Il est ici assemblé avec du Tempranillo (35 %). Mais la spécificité du vignoble est d'être à 900 m d'altitude, engendrant des grandes amplitudes de températures entre le jour et la nuit. Le sol argileux est par ailleurs très riche en oxyde de fer. Et comme le domaine est en bio, il produit des vins reflétant bien ce terroir particulier. Pas étonnant donc que cette cuvée ait des choses à raconter...

La robe est grenat translucide.

Le nez est fin, sur des notes de bourgeon de cassis, de violette et d'épices.

La bouche est ronde, élégante, soyeuse, avec un fruit expressif sans être racoleur. C'est frais et gourmand, bien équilibré.

La finale est nette, fruitée, dominée par le cassis et des notes florales, avec toujours de la fraîcheur et de l'élégance. Just perfect !

Si nous vendions ce vin 10 €, je me contenterais de dire qu'il présente un bon rapport qualité/prix. Mais nous le vendons...  5.50 €. Donc, oui, on peut dire qu'à ce prix-là, c'est une pépite !


vendredi 13 octobre 2017

Champ des treilles : les fruits de la passion


Chaque week-end depuis plus de 15 ans, Corinne et Jean-Michel Comme font 250 km A/R pour aller de Pauillac – où ils vivent – à Margueron, où se trouve le Château du Champ des Treilles. Bon, château, c'est une façon de parler, comme souvent dans le Bordelais. On est plus proche de la ferme, même si elle a été bien rénovée. La propriété a été achetée par les grands-parents de Jean-Michel, immigrés italiens, dans les années 20. Lorsque ses propres parents sont partis à la retraite, le régisseur de Pontet-Canet aurait pu choisir de vendre la propriété. Mais c'était juste inenvisageable. Comme il l'explique sur le site du domaine ; "Le projet n'était pas seulement le mien mais aussi celui de mon épouse, Corinne et de mes enfants, Thomas et Laure. Sans cette cohésion entre nous quatre, rien n'aurait pu se faire. Il ne s’agissait pas de « reprendre un vignoble » mais plutôt de devenir un maillon d’une longue histoire. Au-delà de ces considérations, il fallait adapter le vignoble à sa nouvelle vie, c'est-à-dire produire du vin signé par nous pour une mise en bouteilles sur place. Nous n’avons jamais envisagé d’arracher le moindre vieux cep, par contre, il fallait planter quelques hectares supplémentaires, pour assurer une pérennité économique à notre projet tout en conservant un lien quasi parental avec chaque cep."



Pour une visite du domaine, voir ICI

C'est là-bas que les premiers essais en biodynamie ont été menés avant d'être appliqué au GCC de Pauillac. Là-bas aussi que Corinne Comme est devenue vigneronne, prenant progressivement le domaine en main, dirigeant les vendanges, assurant les vinifications. Cela lui permet aujourd'hui de conseiller de grands domaines en se basant sur son expérience de terrain.


Le printemps 2017 a été un désastre pour eux : la quasi totalité du vignoble a été touché par la gelée de fin avril. Les vendanges ont été maigres : une cuve de 10 hl de blanc, et puis c'est tout. Ils  ont préféré ne pas vendanger les rares grappes de rouges : cela n'aurait pas été rentable économiquement.

Nous venons de recevoir les 2016 en Vin Passion et Petit champ. Et le 2015 en Grand Vin. Il est probablement un peu tôt pour les déguster, mais le devoir d'information prime. Voyons voir ce que ça donne...



Vin Passion 2016  (8.00 €)

La robe est jaune pâle, brillante.

Le nez est fin, frais, sur les fruits blancs (pomme, poire), le zeste de citron et la craie humide. 

La bouche est à la fois ronde et élancée, avec une matière fraîche, limpide, évidente, très "eau de roche". On en boirait des litres sans s'en lasser (mais bon, raisonnable tu seras). 

La finale dévoile une fine mâche salivante, entre pomme légèrement beurrée, pomelo et notes pierreuses. Votre bouche est nette, et prête à servir de nouveau. Ça tombe bien : nous passons au second vin....

(nota : ce vin devrait se complexifier avec le temps, le sémillon et la muscadelle mettant quelques années à s'exprimer. Ne buvez donc pas tout dans les 6 mois...)


Petit Champ 2016 (9.00 €)

La robe est pourpre sombre, à peine translucide. 

Le nez est étonnamment complexe pour un "petit vin" : cassis frais, baie de sureau, myrtille, poivre, épices douces, et une touche de pain grillé. 

La bouche est ronde, finement veloutée, avec de l'allant et une matière souple gagnant progressivement en densité. Le fruit est bien présent, avec une sensation de digestibilité. 

La finale est plus ferme, avec des tanins encore serrés qui demandent encore quelques mois plus s'assouplir (ou un plat un peu solide, genre confit). A revoir au printemps prochain. 


Grand vin 2015 (11.20 €)

La robe est grenat sombre translucide.

Le nez est très "grand vin de Bordeaux", avec des fruits noirs bien mûrs, la prune, les épices et des notes d'élevage distinguées.

La bouche est ample, élancée, enveloppant le palais d'une matière soyeuse, finement travaillée, avec de la tension et de la profondeur. On pourrait même dire de la race !

La finale est dans la directe prolongation, avec des tanins présents mais déjà bien fondus. Il y a de la niaque, une mâche crayeuse/saline et ces saveurs épicées/grillées provenant de l'élevage.

Ce vin peut déjà être apprécié maintenant ou être attendu 3, 5, 10 ans selon votre goût. 

jeudi 12 octobre 2017

Un sacré pet' nat' !


Lorsque la famille de Conti (Tour des Gendres) se lance dans les vins sans soufre, elle y met tout son savoir-faire. Certains d'entre vous ont déjà pu le constater avec la Vigne d'Albert. Cela se confirme avec ce Pet' Nat' qui est certainement l'un des meilleurs que j'ai jamais bus (hormis Musemé, tout de même, qui est le chef d'oeuvre du genre – on ne dirait pas un pet' Nat', d'ailleurs). Celui est 100 % Sauvignon, ce qui ne se devine pas à la dégustation. Il doit rester une vingtaine de grammes de sucre, ce qui évite une finale abrupte sans qu'on les sente vraiment. Aussi peut-on le boire aussi bien à l'apéro qu'au dessert (tarte aux pommes ou poires).

La robe est  jaune paille claire, avec un beau col de mousse blanche et de fines bulles éparses.

Le nez est gourmand, tout en subtilité, sur la poire Williams, la pomme tapée et une touche de craie humide.

La bouche est ronde, très ample, enveloppante même, avec une matière juteuse, charnue, parsemée de micro-bulles délicates et crépitantes. L'ensemble est harmonieux, joyeux... et méchamment addictif. 

La finale est finement crayeuse, légèrement douce, avec un retour sur la pomme et la poire, mais aussi un peu de gelée de coing. Le tout relevé par des épices de Noël. On a l'impression d'avoir mangé une tarte aux pommes parfumée avec ceux-ci !

Plus que recommandable : obligatoire (9.50 €) ! 


mercredi 11 octobre 2017

Extra Libre ... ou Extra Libre ?


Cela faisait deux mois que je rêvais de cette confrontation.  Nous avons reçu dans l'été le Cèdre Extra Libre 2015, mais le Château Extra Libre 2016 n'était pas encore disponible. Vu que je faisais des photos des uns et des autres avant et au cours de la dégustation, il était difficile de les boire à l'aveugle. Quelque part, je regrette, car je me demande si j'aurais deviné lequel était lequel, tant le résultat de ce duel est déstabilisant. On s'attendrait à plus de puissance et de concentration pour le plus huppé des deux ... et c'est l'inverse qui se produit ! 

En même temps, les frères Verhaege ne font que suivre une tendance qui se développe de plus en plus ces 2-3 dernières années, à l'opposé total des 15 précédentes (Parker est mort, ou presque...). Plus c'est cher, plus c'est fin (ce que l'on retrouve au Mas Becha, par exemple). 



La robe est pourpre violacée très sombre, presque opaque. 

Le nez est sexy (y a pas d'autres terme possible), sur la crème de fruits noirs (mûre, myrtille, cerise), le cacao et la violette. 

La bouche est ronde, veloutée, avec une matière à la chair dense, profonde, intensément fruitée, une tension élégante, et des tanins d'une précision millimétrique.

La finale dévoile une mâche concentrée, puissante, mais parfaitement mûre, toujours sur les fruits noirs et le cacao, prolongée par moultes épices douces. Superbe. 



La robe est dans les mêmes tons, mais un peu plus trouble, ce qui la rend totalement opaque.

Le nez fait plus "vin naturel", avec une acidité volatile qui a tendance à piquer la vedette aux fruits noirs. En même temps, d'aucuns trouveront que ça lui apporte de la fraîcheur et de la finesse.

La bouche est nettement plus élancée, plus tonique, avec une matière plus soyeuse que veloutée qui vous enrobe le palais. La matière semble un peu moins dense tout en gagnant en profondeur. Difficile d'imaginer ici que nous sommes à Cahors tant ce vin est à l'antithèse du vin puissant archétypique. 

La finale n'est qu'un prolongement et une heureuse conclusion de la bouche, sans le moindre à-coup. Une légère mâche ultime, légèrement crayeuse, tente de vous rappeler que vous êtes en terre cadurcienne. Mais c'est définitivement l'élégance du vin qui reste imprimée dans le cortex. 



mardi 10 octobre 2017

Georgia on my mind (1)


Il n'est bien sûr pas question de la Géorgie chère au coeur de Ray Charles, mais de la vraie, de la Colchide des Argonautes, le pays de la Toison d'or. Celle dont je vous parlais il y a peu ICI. Nous venons de recevoir tout un nouvel assortiment importé par les frères Puzelat. Et pour en parler, il n'y  a pas trop d'autre choix de les déguster. Voici donc une première série de six vins. Une autre suivra. Puis nous essaierons de faire une synthèse pas cépage, histoire que vous vous y retrouviez un peu... 

Nikoladzeebis Marani




La robe est jaune pâle, légèrement trouble. 

Le nez est très rafraîchissant, entre bière blanche aux agrumes et kefir aux fruits (= yaourt orange/citron). 

La bouche est ronde, pulpeuse, gourmande, avec un toucher très doux et une fraîcheur tonique. 

La finale est pleine de peps, sans la tannicité d'un vin orange, avec une douce amertume rappelant la bière blanche, entre arômes de froment et zeste de citron. Une approche très sympa du vin géorgien.



La robe légèrement trouble est entre l'or et le cuivre. 

Le nez est fin, frais, sur des notes d'écorce d'agrume (orange, cédrat) de fruits secs (noix), de miel de châtaignier, avec une pointe d'encaustique. 

La bouche est ronde, ample, fraîche, avec une matière dense, charnue, très aromatique et épicée (fruits secs, croûte de pain de campagne). 

La finale mêle l'amertume, l'astringence et les notes maltées, rappelant certaines bières rousses houblonnées. Il y aussi des notes citronnées qui apportent du peps et de la persistance.


Okro's Wines



La robe est jaune pâle, très légèrement trouble (vraiment très peu). 

Le nez fin évoque un fino andalou, sur l'amande et la noix non grillées, avec aussi une touche de fruits blancs (pomme, poire). 

La bouche est ronde, charnue, fraîche, très légèrement tannique, avec une aromatique fruitée et un peu fermentaire (yaourt). 

Il y a de la mâche en finale, mais fondue et élégante, sur la pomme et les agrumes, avec un p'tit goût de bière blanche et un retour sur la poire.



La robe est d'un or intense, légèrement orangée, brillante. 

Le nez est très beau, sur des notes de pêche et d'abricot séchés, de kumquat et d'épices douces. 

La bouche est d'abord ample, soyeuse, aérienne, puis gagne progressivement en tannicité et fermeté. 

La finale bien mâchue poursuit cette tendance, sur des notes de fruits secs et d'épices. Plat (ou fromage : Parmesan !) d'accompagnement exigé. 




La robe est d'un or intense légèrement rosé. 

Le nez puissant évoque le caramel au beurre et l'amande grillée, avec une touche d'abricot sec. 

La bouche est ample, élégante, soyeuse, avec une matière qui gagne progressivement en puissance et densité. A ce moment-là, on a presque l'impression de boire un bourbon ou un vieux cognac. 

Et puis arrive la finale qui dévoile une mâche crayeuse intense qui vous hérisse les papilles et délivre des saveurs de fruits secs et de caramel épicé. 

Kortavebis marani



La robe est rubis translucide, brillante. 

Le nez est tentateur sur les petits fruits rouges (cerise, framboise, fraise), la terre humide et les épices (entre Pinot noir et Trousseau). 

La bouche est ronde, fraîche, gourmande, avec un fruit explosif et des tannins qui démarrent très souplement pour gagner ensuite en fermeté. 

La finale est dominée par l'astringence même si le fruit est toujours là. Il y a donc intérêt à en faire un vin de repas plus que d'apéro. 




lundi 9 octobre 2017

Un vin VRAIMENT étonnant


Parfois, nous avons des doutes sur la légitimité sur le nom de notre site : Vins étonnants. Car oui, si au départ nous ne vendions que des vins vraiment étonnants, nous avons élargi assez rapidement la gamme à des vins plus "classiques" en privilégiant le mode de culture bio (et les vins peu ou pas sulfités ... qui peuvent être étonnants, ou pas). En découvrant cet "en noir et blanc" du domaine de Clovallon, je me suis de suite : "celui-là, c'est vraiment un vin étonnant". Car tout interpelle : la robe, le nez, la bouche... Il faut dire que Catherine Roque et sa fille Alix ont  fait fort sur cette cuvée qui réunit du Pinot noir vinifié en blanc ... et du Riesling ! Etonnant, non ?

La robe est jaune paille, avec une légère turbidité.

Le nez très expressif pourrait faire songer à un Viognier ou à une Roussanne, avec ses notes de fruits jaunes séchés (pêche, abricot), de miel et d'ananas. Mais aussi à un Champagne, nous a dit un ami amateur qui l'a dégusté à l'aveugle.

La bouche est élancée, avec une tension élégante, sans raideur, et une matière étonnamment charnue pour un vin blanc, faisant penser à la pulpe de raisin. C'est superbement équilibré, digeste, avec un alcool des plus discrets et une aromatique toujours très expressive.


La finale est très finement mâchue, avec une noble amertume et un retour sur l'abricot et l'ananas, prolongées par de belles notes salines/épicées. 

Ce joli vin devrait accompagner avec bonheur des plats épicés (genre tajine) mais aussi un bon jambon cru ou des pâtes dures affinées. 


vendredi 6 octobre 2017

Avoir la Banate tous les jours !


Comme assez souvent, tout à démarré avec un courriel du producteur, Jean T'Kint, qui nous proposait de découvrir ses vins. Il possède un petit domaine cultivé en BIO constitué essentiellement de vieilles vignes de Grenache et Syrah (60 ans et plus). On refuse assez rarement, car nous sommes curieux de nature. Nous recevons quelques jours plus tard deux bouteilles : un 2013 et un 2014 (il n'y a qu'une seule cuvée). Et c'est la baffe : je n'avais jamais bu de Rhône Sud aussi fins et aussi frais ! Nous ne pouvions pas ne pas les référencer : nos clients doivent connaître les vins de la Banate. Comme il restait au producteur un peu de 2012, nous en avons pris aussi. Je l'ai dégusté dès qu'il est arrivé avec ses petits frères. Pour être honnête, ce n'est pas celui qui me convainct le plus ( c'est le premier millésime du producteur). Mais les deux autres, didiou, qu'ils sont bons !


La Banate 2012 (12.90 €)

La robe est grenat translucide, avec de la profondeur.

Le nez est fin, délicat, sur des notes de cerises confites, de fraise, avec une pointe d'écorce d'orange et quelques épices

La bouche est élancée, avec une matière soyeuse qui prend progressivement de l'ampleur. Il y a du (beau) fruit, de la fraîcheur, une élégance nonchalante. 

La finale est plus terrienne, avec une mâche crayeuse affirmée. On y retrouve la cerise – noyau inclus – les épices qui se prolongent agréablement. 



La Banate 2013 (11.00 €)

La robe est grenat translucide avec un début d'évolution (ça tire vers le tuilé).

Le nez est assez discret, sur la griotte, la quetsche, le noyau et les épices douces.

La bouche est éclatante de fraîcheur avec une fine mais insistante acidité qui trace son sillon dans le palais et étire le vin. Les tanins sont soyeux, d'une finesse à la limité de l'impalpabilité. Et puis un fruit (cerise !) très pur, plus bourguignon que rhodanien.

La finale est finement mâchue, avec des saveurs de terre fraîche, de fruits rouges (cerise, framboise) de poivre, et même une touche mentholée. On ne peut pas dire que la persistance soit grande : c'est la limite du millésime 2013. Mais ce n'est pas bien grave. On en boit une autre gorgée, et hopla !


La Banate 201(11.90 €)

La robe est d'un grenat plus sombre, moins translucide. 

Le nez est superbe, avec de la complexité, de la fraîcheur et de la profondeur (oui, tout ça...) sur les fruits rouges et noirs – un panier, comme on dit – la violette, le poivre, avec une touche fumée. 

La bouche est aussi long que large avec une matière veloutée ample, expressive, et une tension affirmée qui lui donne une colonne vertébrale et de la profondeur. L'ensemble est harmonieux, déjà complexe, avec une fraîcheur et une pureté étonnantes. Et plus encore, une énergie très "tellurique". 

La finale prolonge cette énergie sans la moindre rupture. Ça dépote tout en restant très classe, avec les notes perçues au nez (violette, fruits rouges et noirs, poivre...). Et là, c'est long, et très très bon !


jeudi 5 octobre 2017

Bulles de Syrah, le retour


Je vous ai déjà parlé il y a peu de Jean-Louis Denois (pour les vins espagnols)  et ce n'est pas fini, car il faudra que je vous parle de son nouveau cabernet. Mais pour l'heure, place au retour de sa Bulles de Syrah, attendue par beaucoup. Si je voulais faire bref, je dirais qu'elle est raccord avec la démarche du vigneron depuis quelques millésimes : plus d'intransigeance et de précision. J'ai le sentiment que cette cuvée s'adresse plus aux amateurs d'effervescents non dosés, de plus en plus nombreux. Ceux qui recherchent une bulle 100 %  Syrah plus consensuelle, il vaut mieux qu'ils prennent celle-ci. A souligner que comme souvent chez Denois, le rapport qualité/prix est excellent : une quille de niveau-là à 10.50 €, c'est cadeau !

La robe est or rose, avec de nombreuses fines bulles.

Le nez est fin, élégant, sur des notes florales (rose), fruitées (pêche blanche, pomme chaude) épicées (poivre) et fumées.

La bouche est élancée, avec une matière dense, vineuse, tonifiée par des bulles crépitantes et tendue par une acidité soutenue – mais pas agressive. 

La finale dévoile une puissante (et énergique) mâche crayeuse/citronnée, sans concession, que plébisciteront les fans de "Brut Nature". On retrouve les épices de la Syrah qui persistent longuement. 


mercredi 4 octobre 2017

Squerda : un rapport qualité/prix incroyable !


Comme Famae et Voluptas du Domaine Semper ont beaucoup plu, il n'y avait pas de raison de s'arrêter là. Allons-y pour Squerda, le "petit vin rouge" de la gamme. On sent qu'ils ont fait des économies sur l'étiquette, moins chiadée que celles de ses grands frères. Mais qu'en est-il du vin ? Eh bien, si je l'avais bu à l'aveugle, je ne serais par certain que j'aurais deviné qu'il est le moins cher des trois. Si on cherche la p'tite bête, on va peut-être trouver que les finitions sont un peu moins soignées, mais sinon, ce vin pourrait être vendu au double de son prix sans que ça ne choque. Alors, vous pensez bien, à 6.90 €, faut pas hésiter... 

La robe est pourpre très sombre, limite opaque.

Le nez pète la crème de fruits noirs (mûre, myrtille), les épices et le cacao. Une touche de cuir, aussi.

La bouche allie ampleur et tension, avec une matière veloutée qui réussit à être dense tout en restant aérienne. Un équilibre sur le fil du rasoir, d'une étonnante maîtrise pour un "petit vin" (la magie du terroir de Lesquèrde ?). Et puis toujours ce fruit mûr qui déménage du tonnerre de dieu  !

La finale est tonique, avec une mâche puissante d'une rare gourmandise, dominée par la cerise noire et une touche chocolatée/poivrée. Délicieux !


mardi 3 octobre 2017

Un nouveau quatuor espagnol


Jean-Louis Denois habitant sur Limoux, il n'est pas très loin de l'Espagne où il se rend régulièrement dans des salons professionnels. Il était à la recherche d'un grenache idéal, mais au passage il a découvert plein d'autres vins. Finalement, ce Grenache, il l'a trouvé. Et il a décidé d'importer en France les différentes cuvées qu'il a dénichées. En voici déjà quatre pour commencer, mais d'autres devraient arriver. 



 La Posada Verdejo blanc 2016 (5.90 €)

(Origine : la Mancha - sols calcaires affleurants  - vin BIO certifié)


La robe est jaune paille, brillante.

Le nez est tonique, pimpant, sur la marmelade de citron, l'abricot  et la craie humide.

La bouche est pure, fraîche, avec une matière limpide, évidente,  qui pourrait évoquer l'eau d'un torrent si ce n'était cette aromatique de citron confit – renforcée par des notes "pierreuses" – évoquée précédemment.

On retrouve encore ce citron confit dans la belle finale, souligné par de nobles amers et des notes salines. Excellent rapport qualité/prix.


Castello de Jumilla rouge 2016 (6.90 €)

(Origine : Jumilla  - 700 d'altitude - 100 % Mourvèdre - vin BIO certifié)

La robe est grenat translucide.

Le nez est étonnamment complexe – pour un "petit vin" – sur les fruits rouges compotés (prune, cerise, framboise), le noyau, le cuir et les épices.

La bouche est ronde, ample, avec une matière veloutée qui tapisse le palais de saveurs orientales. On rêverait encore d'un grain encore plus fin (façon pinot – mais c'est du Mourvèdre, tout de même) pour que le plaisir soit absolu. 

La finale est mâchue, avec toujours ces fruits compotés, les épices et une petite touche caramélisée/vanillée en ultime sensation.

Un vin qui devait faire merveille à un couscous !




(Origine :  Cariñena  - 100 % Grenache )

La robe est rubis sombre translucide.

Le nez est assez extravagant, sur des notes de liqueur de cerise et de fleurs décadentes.

La bouche est ronde, charnue, avec une matière souple au toucher légèrement granuleux,  mais surtout un très beau fruit mûr, épicé, solaire dans le sens noble du terme (sans lourdeur). Et puis une sacrée allonge pour  un "petit vin". 

La finale est intense, très épicée, avec toujours ce fruit bien présent, et des notes résino-balsamiques qui renforcent sa complexité. 

Encore un rapport qualité/prix bluffant !


Et voici LE Grenache que cherchait Jean-Louis :

Malayeto rouge 2015 (14.60 €)

(Origine : Navarre - Alt : 520 m - Sols calcaire caillouteux )

La robe est grenat translucide.

Le nez est "SO Grenache", sur des notes de quetsche, d'orange confite, d'épices.

La bouche est ronde, très ample, avec une matière soyeuse, enrobante, à la texture fine mais d'une grande intensité aromatique. Et d'une fraîcheur épatante qui amène de la tension et de la vivacité. 

La finale est finement mâchue, terriblement gourmande, avec une allonge fruitée/épicée/écorce d'orange assez excitante.

Au niveau de certains Châteauneufs, pour un prix plus accessible. 

vendredi 29 septembre 2017

La Géorgie, l'autre pays du vin

Il y a un mois, Pascal Reigniez – ancien enseignant en anthropologie et chercheur associé au CNRS – m'a contacté pour savoir si ça pouvait m'intéresser de lire son ouvrage "Au pays de la vigne et du vin, la Géorgie". Je lui ai tout de suite répondu par la positive, car même si j'ai bu déjà bu pas mals de vins géorgiens et consulté quelques sites internet, plus d'informations  ne pouvait que m'être profitable. 
Quelques jours plus tard, le livre est arrivé dans ma boîte aux lettres. Il est devenu mon compagnon de chevet durant quelques jours. Je n'irais pas jusqu'à dire que ça se lit comme un roman, mais il est intéressant de bout en bout : je ne m'interrompais qu'au moment où Morphée me rendait visite (bonne nouvelle : vous ne passerez pas de nuit blanche).
Le livre est composé en huit chapitres qui se suivent dans un ordre qui me parait logique.
Le premier est consacré à une présentation géographique et historique de la Géorgie. On pourrait dire que sa géographie a dicté son histoire, car le pays ressemble à une large route entre deux mers (noire et caspienne) bordée des deux côtés par les chaînes montagneuses du Caucase. Et pas de la montagnette, hein : le pic le plus élevé dépasse de 900 mètres notre Mont-Blanc national. Elle est donc un lieu de passage des hommes (et hominidés) depuis 1.8 millions d'années. L'homo erectus georgicus serait le premier hominidé à s'être aventuré en dehors de l'Afrique. Il a été retrouvé des traces d'homo sapiens datant de plus de 350.00  ans, mais Néanderthal est aussi passé dans le secteur. Les deux ont cohabité durant environ 200.000 ans jusqu'à ce que Néanderthal disparaisse il y a 30.000 ans. Le réchauffement climatique il y a 12.000 ans a permis le développement de l'agriculture. Les premières traces de viticulture et de vinification apparaissent il y a 8.000 ans. En fait, il est probable que les premiers essais aient été faits dans des grottes où la température était optimale (vestiges trouvés dans la proche Arménie). Creuser un trou dans le sol pour y placer une jarre était une façon de recréer ces conditions idéales. Sur le site de Kramis Didigora 6000 av. JC), une jarre en terre cuite a été retrouvée en morceaux et reconstituée : les grappes de raisins qui figurent dessus ne laissent aucun doute sur son usage .


La Géorgie a été envahie successivement par les Perses, les Grecs (Alexandre le Grand), les Romains (suivi des Byzantins), les Ottomans, les Mongols ... et enfin les Russes à partir du XIXème siècle. En 1918, la Géorgie devient indépendante ... durant trois ans avant de faire partie de l'URSS. Cette dernière sera longtemps dirigée par un Géorgien : un certain Staline. Ce n'est qu'en 1991 que la Géorgie retrouve de nouveau son indépendance, avec comme premier président l'ancien ministre des affaires étrangères de Gorbatchev : Edouard Chervenadze. 
L'auteur souligne que la Géorgie est multiple, autant par les climats que par les populations qui y habitent. Je cite : "le Caucasion semble avoir trois "patries" : son pays, sa région et son village d'origine, une triple identité en quelque sorte, par laquelle l'appartenance à l'une renforce les liens avec les deux autres malgré les distinctions culturelles locales".


Le deuxième chapitre concerne la vigne. Au départ, elle existe à l'état sauvage. On sait que homo erectus en consommait il y a 400.000 ans. L'homme s'est rendu compte que s'il taillait la liane, ses fruits devenaient plus gros. C'est le début de la "domestication". Une variété s'y prêtait mieux que d'autres, avec le mérite d'être hermaprodite  : vitis vinifera sylvestris. Elle a donné par la suite naissance à toutes les variétés viticoles que nous connaissons aujourd'hui.
Ce qui n'empêche pas que les Géorgiens ont continué à utiliser  les vignes sauvages (lambrusques) au cours des siècles. Certaines étaient même entretenues (= semi-sauvages). Elles étaient bien utiles les années où les récoltes étaient mauvaises. En général, ces vignes sauvages/semi-savages s'enroulent autour des arbres, devenant parfois plus grosses qu'eux.
 Aujourd'hui, on peut dénombrer en Géorgie 525 variétés de raisins, soit 10 % des espèces cultivées dans le monde. 


Le troisième chapitre évoque les vendanges. Pas grand chose à dire sur celles qui sont fait dans les vignes classiques. Par contre, celles dans les arbres ont beaucoup impressionné les visiteurs étrangers au XVIII-XIXème siècle (alors que cela se faisait beaucoup chez eux quelques siècles plus tôt). Les géorgiens utilisent pour vendanger des couteaux courbés proches des serpettes qui étaient encore utilisés chez nous avant l'invention du sécateur et de l'épinette.


Levan Gokadze from Tbilisi, Georgia - Flickr.com -  Qvevris in Chateau Zegaani Winery