vendredi 28 décembre 2012

Lorsque le droit du sol est refusé au vin...

Nous avons eu il y a peu une visite de la DRCCRF (pas pris de photos, désolé) qui estimait que certaines pages de notre site demandaient à être revues. Je vous donne un exemple, ce sera beaucoup plus clair. Allez, au hasard :




Ca y est ? Vous avez trouvé l'erreur ?

Allez, je vous les montre (il y a en a deux)



Polichinel est un vin de France (ce que l'on appelait autrefois un vin de table). S'il est autorisé maintenant d'indiquer le(s) cépage(s) qui le compose(nt) et le millésime, vous n'avez pas le droit d'indiquer qu'il provient de la région de Cahors ou du Lot. C'est comme si vous vous substituiez à l'INAO et que vous donniez l'origine d'un vin qui ne le mérite pas (ben oui, s'il n'a pas l'AOC Cahors ou l'IGP pays du Lot, il y a une raison, non ?).

Bref, on a juste le droit de dire qu'il est français, rien de plus.C'est déjà bien, ceci dit : on n'est pas obligé de marquer "vin provenant de l'U.E" ;-)

Nous avons jusqu'à fin février pour revoir nos fiches de présentation afin de ne plus induire le consommateur en erreur. Nous mettrons un lien dans chaque fiche corrigée afin que vous puissiez trouver de vous-même les informations que nous n'aurons plus le droit d'indiquer.

mercredi 26 décembre 2012

Crémant Extra Brut Riestsch : l'indigène alsacien


Vous avez certainement entendu parler de la cuvée Indigène de Stéphane Tissot ? C'est un crémant du Jura qui a non seulement et doublement fermenté avec les levures indigènes, mais  dont la liqueur de tirage a été remplacée par du moût de vin de paille en fermentation. Et comme il n'y a eu aucun rajout de sulfites et autres sucres "exogènes", nous avons effectivement un vin issu à 100 % de raisin jurassien.

À peu près au même moment, 260 kms plus au nord, les Rietsch ont eu la même idée. Il ont d'abord élaboré un 2009 un Gentil* composé de Riesling et de Pinot Gris. Aux vendanges suivantes, il lui ont adjoint du jus de raisin et un levain (un moût en fermentation riche en levures) puis embouteillé le tout pour la prise de mousse. Les bouteilles sont restées 16 mois sur lattes avant d'être dégorgées, sans ajout de liqueur d'expédition et de sulfites. Brut Nature², quoi. 

La cuvée indigène est vraiment très bonne, fine et élégante. Qu'en est-il de ce crémant de Rietsch ?

La robe jaune est jaune pâle, sans cordon apparent, avec des bulles qui semblent apparaître à  la surface spontanément, pour assez rapidement disparaître (les fans de bulles seront frustrés).


Le nez est assez atypique pour un crémant : mangue, miel de fleur d'oranger, cire d'abeille. Certainement l'effet Pinot Gris. On s'attendrait presque à avoir un vin moelleux, mais ce n'est pas le cas.

La bouche est ronde, fraîche, désaltérante, avec une bulle ténue, et une fine amertume qui apporte de la rectitude.

En final, la bouche se resserre sur une noble astringence bien intégrée, avec une note saline assez marquée.

Si la Cuvée indigène (14.50 €) peut passer pour un bon Champagne, le Crémant de Rietsch (10,50 €) ressemble surtout à lui-même : gourmand, naturel, rafraîchissant, sans effet de manche inutile. Son prix raisonnable et sa buvabilité le rendent passe-partout, et plaira certainement plus aux amateurs de vins nature (il fait moins sophistiqué).




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* Assemblage de cépages nobles, contrairement à l'Edelzwicker où l'on peut mettre aussi du Sylvaner, du Pinot Blanc, etc.

dimanche 23 décembre 2012

J'me suis fait un chamois ce week-end...


Non, rassurez-vous pour ce chamois. Il ne lui est rien arrivé : il n'est pas mort, et n'a pas perdu son honneur.  Il fait juste une descente piste en free-style avec un sens de l'équilibre remarquable. Non, je voulais juste dire que j'avais craqué, finalement. Un mois que je voyais quasi quotidiennement des piles de cartons de bouteilles de Ganevat, que j'en expédiais en France et dans toute l'Europe. C'était plus tenable...


J'ai donc pris une bouteille de Chamois du paradis, l'une des seules cuvées encore disponibles en quantité (il y a encore pas mal de Florine, aussi). Pour l'ouverture, je vous donne un truc : ne vous embêtez pas à enlever la cire. Percez-la directement avec le tire-bouchon. Vous allez faire une pierre-deux-coups.

Une fois ouvert, j'ai rempli impatiemment mon verre ... et le miracle Ganevat a opéré de suite !

La robe est or pâle, brillante.

Le nez est fin, très appétant, sur la poire confite, la Bergamotte de Nancy et l'amande grillée comme on la sent dans le turron. Avec l'aération apparaîtra la pomme rôtie au beurre.

La bouche est d'une grande ampleur, avec une matière aérienne au toucher soyeux, et une fine trame acide, tendue, précise, formant un ensemble ciselé. On a une impression de richesse, mais dans une forme d'apesanteur.

Une légère mâche se fait sentir en  finale, sans dureté, très gourmande au contraire, avec une belle persistance sur la poire. 

A l'aveugle, je ne crois pas que je serais parti en Jura, car il n'en a pas du tout le côté typé. Plutôt un joli Bourgogne de la Côte de Beaune.

Je ne suis pas prophète sur ce que pourra devenir ce vin demain, mais dès aujourd'hui il apporte énormément de plaisir, avec un très bon rapport qualité/prix (19.90 €). Au bout de 24 h sans protection particulière, le vin n'avait pas bougé. Ce qui est remarquable pour un vin sans sulfite ajouté.



vendredi 21 décembre 2012

De la lie à l'ivraie...


À l'instar de Gilles Berlioz qui a changé l'étiquette de ses Fripons, les Mondon & Demeure ont changé celle de leur cuvée Lie (mais aussi son nom, ce qui n'est pas plus mal). 

Déjà, lie, ce n'est pas forcément attirant. La lie, c'est l'amoncellement des cadavres de levures en décomposition. Brrr... quand on y pense. Et puis l'expression "lie de l'humanité" – entendez ce qui se fait de pire dans la race humaine – n'arrange pas les choses. 

La bonne nouvelle, c'est que ce vin n'est en fait pas à base de lie (oufffff... entends-je) mais de bourbes. Je vous l'accorde, on ne gagne pas beaucoup en poésie. Mais ça n'a rien à voir. Ici, pas de cadavres en décomposition. Lorsque vous pressez le raisin,  vous obtenez du jus que vous laissez se dé-bourber à froid dans une cuve afin qu'il s'éclaircisse (comme les jus de pomme ou d'orange pas filtrés, avec la pulpe qui est tombé au fond). Un peu comme on sépare le bon grain de l'ivraie. En général, le vigneron ne garde pas ses bourbes car il déjà suffisamment de travail comme cela. Elles partent donc à la distillerie, comme souvent les rafles et le marc.

Les Mondon & Demeure, gardent celles de leur cuvées de Viognier (Alderbertus et Diana). Et les laissent se décanter. Et se décanter encore. D'abord en cuve, puis en barrique. Ils obtiennent un vin moelleux à la matière sensuelle qui évoque la soie

Cette superbe cuvée ne peut décemment pas s'appeler lie. Ou bourbe. Pourquoi pas l'ivraie à soie ?

Allez, top là !

jeudi 20 décembre 2012

Champagne : lequel choisir ?

PB291950Rien ne ressemble moins à un champagne qu'un autre champagne. Ils ne sont donc pas interchangeables. Certains seront parfaits pour l'apéritif alors que d'autres peuvent accompagner un repas. Comment s'y retrouver dans une offre plus que compliquée? Essayons d'éclairer un peu les choses...

Brut ou extra-brut?

La différence entre les deux provient de l'ajout - ou non - d'une "liqueur d'expédition" juste après le dégorgement. Pour comprendre en quoi, ça consiste, voir ICI.

Si vous n'êtes pas un habitué des bulles, ou aimez les vins plutôt "glissants", je ne saurais que trop vous conseiller de prendre le Brut. D'autant que l'extra-brut ne peut souffrir la médiocrité. S'il vient d'un très bon producteur, vous pourrez vous régaler. Sinon, c'est le pire des breuvages, car ses défauts ne seront pas masqués par le sucre. Ca va donc être très acide ... et imbuvable!

Mon expérience personnelle m'a montré qu'un extra-brut s'améliorait dans le temps (s'il est de bonne qualité au départ, évidemment). Si vous en débouchez un au débotté, ouvrez-le un peu en avance tout en le laissant au frigo, voire même carafez-le avant de le servir. Il perdra un peu de bulles, mais il sera beaucoup plus avenant et complexe.  Cette opération n'est pas indispensable pour le Brut, et peut certainement même lui être nuisible (on percevra trop le sucre ajouté...).

Pour les amateurs de sensation forte (et de pureté), il existe des champagnes non dosés. Vous pouvez en trouver par exemple chez Tarlant (Brut Zéro), Boulard (Brut Nature), Laherte, Bourgeois-Diaz... Après avoir taté de ce genre de champagne, vous aurez du mal à retourner à l'ordinaire...

Il est maintenant possible de pouvoir comparer l'influence des différents dosages sur un même champagne grâce à Bourgeois-Diaz. En effet, le Brut Nature, l'Extra-Brut et la Cuvée Distinguée sont identiques avant l'ajout (ou non) de liqueur d'expédition.




Blanc de blancs, Blanc de noir(s) ou ni l'un ni l'autre?


Un blanc de blancs est issu uniquement du cépage chardonnay (celui dont on fait les bourgognes blancs). Selon la maturité du raisin cueilli, la durée de son élevage, son vieillissement, etc... S'il est plutôt jeune (majoritairement le cas), c'est plutôt un champagne d'apéritif qui pourra déborder sans problème sur les huîtres. Il sera plutôt léger, vif, avec un côté "floral" et des arômes de pomme et de noisette fraîche. Je vous conseille dans cette catégorie les vins de chez Laherte ou Boulard.

Après, en fonction du terroir et de la concentration, le même cépage peut donner des vins assez différents. Lorsqu'il est plus mûr, il va gagner en onctuosité et être plus miellé, comme le Champ Persin de Moutard. Planté en franc de pied dans des secteurs sableux qui le permettent, il va gagner en concentration et en expression, comme avec cette Vigne d'Antan de Tarlant

Plus âgé, il doit plus être considéré comme un Bourgogne blanc évolué. Il accompagne alors à merveille homard, poissons de rivière, blanquettes, voire certains fromages. Le prestige 2000 de Tarlant (90 % chardonnay), vieilli plus de dix ans sur lattes, est un bon exemple. Le Millésime 1996 de Moutard (100 % Chardonnay) vieilli plus de 15 ans est encore meilleur !


Le blanc de noir(s) est issu comme son nom l'indique de raisins noirs. Soit du pinot noir, soit du pinot meunier, soit des deux.

Le "pur pinot meunier" est assez rare, mais existe (comme la Vigne d'Or de Tarlant ou les Vignes d'autrefois de Laherte). Cela donne un vin d'une expressivité intense, qui peut dérouter le béotien.

Le "pur pinot noir" a souvent une rondeur, une vinosité qui le distingue de ses confrères. Sa gamme aromatique me fait un peu penser à celle de son frère le pinot gris. Il peut donc être utilisé pour les mêmes accords : jambon cru, foie gras, pintade, chaource, voire dessert (tatin?). N'hésitez pas à conserver les bouteilles quelques années:  il va s'arrondir et devenir de plus en plus épicé.

Bon producteurs : Moutard, Gonnet Medeville, Egly-Ouriet...

Quand ce n'est pas indiqué, c'est que c'est un assemblage! Un producteur qui se respecte indiquera les proportions des différents cépages sur la bouteille ou l'emballage. C'est tout de même pratique pour faire son choix. En fonction de l'importance de tel ou tel cépage, leur personnalité sera assez différente.

Dominante Chardonnay : Cuvée du fils, Cuvée Prestige de Tarlant
Moitié Chardonnay/moitié Pinot(s) : Millésime 2006 de Boulard, Cuvée Louis de Tarlant



Millésimé ou pas?
La Champagne est l'une des seules appellations où l'on peut allègrement mélanger autant de millésimes que l'on veut sans avoir de compte à rendre à quiconque. Cet assemblage savant permet d'année en année d'obtenir un champagne qui a le "style maison", comme l'on dit.

Les millésimés ne se font que les années qui en valent la peine. Vous êtes donc sûr d'avoir un bon champagne. Avec un style propre à chaque année. Ainsi, le 2003 se démarque des autres dans un style plus mûr et moins acide. Si l'on remonte un peu dans le temps, je ne peux que vous conseiller le 98 , le 97, le 95 ou le 90. Pour l'heure, les 96 méritent encore d'être attendu, car ils ont encore un profil austère (mais une matière prometteuse).

Excepté le MMI de Francis, le 2001 est plutôt à éviter. Le 2000 est assez inégal. le 2002 (Bollinger, Jacquesson, Dom Pérignon...) est un millésime de très haut niveau. Les 2005 et 2006 qui sont sortis sont de bon niveau. 2008 et 2012 sont très prometteurs.


Les rosés


En 2009, il fut question d'autoriser en Europe l'assemblage de vins rouges et de vins blanc pour en faire du rosé. La réaction du monde agricole (et de leurs députés) fut tellement hostile que le projet capota. Peu ont alors souligné que cette pratique était courante en Champagne depuis des lustres sans que cela ne dérange personne.


La plupart des Champagnes rosés sont en effet issus d'assemblages : en général 85 à 90 % de Chardonnay, complété par 10 à 15 % de vin rouge (souvent Pinot Noir). Tout dépend de la teinte finale que le vigneron veut obtenir, mais aussi l'aromatique : plus le vin contiendra de vin rouge, plus les arômes fruités prendront le dessus, même s'ils ne seront jamais aussi intenses qu'avec un rosé issu de saignée.

Vous allez me dire "intéressant ton topo, mais à quoi ça sert ?"  Eh bien, autant vous avez intérêt à garder les rosés d'assemblage, car le Chardonnay vieillit admirablement (plus de 20 ans sur des rosés de bon niveau). Autant ça ne sert pas grand chose de conserver les rosés de saignée, car ils ont été conçus pour "péter le fruit". Une fois que celui-ci aura disparu, ce n'est pas dit qu'il reste grand chose d'intéressant **.



Et les accords gastronomiques seront très différents. Autant le rosée de saignée sera restreint à l'apéritif et aux desserts aux fruits rouges, autant un rosé d'assemblage avec un peu de bouteille conviendra aux plats exotiques, que ce soit des crevettes Thaï ou un tajine d'agneau, mais ira aussi avec une volaille comme de la pintade aux pommes et au chou rouge, ou une vieille mimolette. Nous pouvons ainsi vous proposer la Cuvée rosée Prestige de Tarlant 2000, qui a reposé 10 ans sur lattes avant d'être dégorgée en octobre 2011. Une petite merveille pour le prix d'un Brut ordinaire d'une "grande" maison.

Nous avons aussi maintenant le Rachais Rosé 2005 de Francis Boulard : un 100 % Pinot noir vinifié et élevé en barriques, et vieilli sur lattes 6 ans.





mercredi 19 décembre 2012

Fripons un jour, fripons toujours ?


Les Fripons de Gilles Berlioz ont pris un coup de vieux sur le millésime 2011. 

(à droite Gilles Berlioz himself)

Ca rappelle forcément une chanson :



Sinon, les Fripons, c'est une cuvée 100 % Bergeron (appelé ailleurs Roussanne), provenant de la parcelle "les châteaux". Un vin sur un profil plus sec et ciselé que Les filles (on revient toujours...) qui est une jolie douceur. 


lundi 17 décembre 2012

Accord mets et vins : que servir avec un foie gras ?

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C'est sûrement l'une des plus grosses prises de tête de la maîtresse de maison ou de son époux au moment des fêtes. Il faut dire que ce plat se retrouve souvent coincé entre l'apéro et les huîtres, ou entre les huîtres et les Saint-Jacques, et donc au niveau des vins entre des bulles et un blanc sec ou entre un blanc très sec et un blanc plus charmeur. Allez donc placer un liquoreux dans ce bazar !!!

Au XIXème siècle, la place du foie gras était entre le fromage et le dessert. A tous points de vue, ça facilitait les choses. Mais bon, nous sommes au XXIème siècle. Comme s'en sortir ?

bulle1ère solution : les bulles
Soit vous proposez votre foie gras lors de l'apéro, soit vous le faites suivre directement en continuant avec la même bulle, ou vous en proposez une nouvelle, plus puissante et complexe. 
La gamme aromatique du foie gras implique un champagne qui soit :
- issu de raisins mûrs (ça supprime 70 % des champagnes)
- un peu évolué (soit avant, soit après le dégorgement)
- au caractère affirmé mais à l'acidité présente mais discrète
Si vous servez votre foie gras "brut de décoffrage", je suggérerais plutôt un assemblage privilégiant le pinot noir, souvent plus "vineux". Pour améliorer encore l'accord, vous pouvez ajouter à celui-ci de la poire, du jambon cru, du lièvre confit ...

Marques recommandables : Francis Boulard (son "simple" Murgiers), Tarlant (sa Matinale), Françoise Bedel  mais aussi Denois, hors champagne, au rapport qualité/prix exceptionnel.

C'est envisageable de le servir avec un Blanc de Blancs (= Chardonnay). Dans ce cas-là, un peu de brioche ou de noisettes grillées (180° durant 10 mn, puis émondées) aide à rendre l'accord parfait.

On peut bien sûr aller en Champagne (Les Rachais de Boulard ou les Grappes dorées de Laherte), mais je trouve que les chardonnay les plus noisetés/briochés se trouvent plus au sud, que ce soit le crémant jurassien de Ganevat ou le bourguignon de Tripoz.

2ème solution : les vins secs
Puisqu'on était dans les Chardonnay, on peut y rester, avec des critères assez proches de précédemment :
- chardonnay mûr (mais pas surmûr)
- acidité présente, mais pas dominante
- boisage discret
Après, tout est possible. Il y a des Chablis ou des Chitry bien mûrs comme des Meursault très tendus. Il peut aussi y avoir des choses intéressantes dans le Mâconnais. Ou pourquoi pas un Morillon de Jeff Carrel (Chardonnay légèrement botrytisé mais frais et peu sucré).

L'avantage, c'est qu'on peut ensuite continuer sur des Saint-Jacques ou du ris de veau sans changer de vin.
Il est aussi possible de tenter un bergerac blanc atypique, issu de vendanges bien mûres qui ôtent tout caractère variétal, mais pas la fraîcheur) : Acacia du Jonc Blanc.

Mais le cépage qui me paraît idéal, c'est le pinot gris. Il faut juste veiller à ce qu'il ait une bonne fraîcheur, ce qui n'est pas toujours le cas. J'ai goûté l'autre jour le 2010 de Laurent Barth: il était parfait! Si vous recherchez un vin sortant plus de l'ordinaire, tentez Sentimentale de Verdier-Logel : un Pinot Gris cultivé sur des sols baslatiques entre Roanne et Saint-Étienne !

On peut aussi tenter une version VT. Dans le genre, la perfection s'appelle Zind-Humbrecht ;o)

foie1

3ème solution : les vins doux

La VT de Zind fait la transition. Si le vin a une belle acidité, on peut tenter les vins doux. On peut aller du côté de Jurançon, (Suprême de Thou) car les Manseng ont des acidités tranchante. Ou avec un liquoreux de Loire à base de Chenin, également acide, comme ce Quart de Chaumes 2010 de Patrick Baudouin.
En fonction de l'aromatique du vin, on pourra accompagner le foie gras de mangue (sans sucre rajouté), de fruits de la passion, de coing...

Si la transition vers le plat suivant vous semble problématique, un verre d'eau gazeuse, un morceau de pain, et on remet le palais à zéro...

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On peut aussi tenter la piste des porto/maury/banyuls en ajoutant une touche de chocolat amer et/ou de figue au foie gras. Et on peut faire tout le repas avec ce genre de vins pour peu que l'on fasse un menu approprié (voir ICI). Comme ça, ça simplifie les transitions ;o)

J'ai l'impression d'avoir fait le tour. Si vous avez des questions, n'hésitez pas !



dimanche 16 décembre 2012

L'impertinence a de beaux jours devant elle...


L'impertinent rouge 2010 du Château des Estanilles était une telle réussite que j'angoissais un peu sur sa succession. Le 2011 reçu la semaine dernière allait-il être à la hauteur ? 

Histoire d'en avoir le cœur net, j'en ai pris une bouteille vendredi dernier, une fois les commandes expédiées. Je l'ai ouverte dimanche sur un pavé de biche et panais rôtis.


Dès le vin versé dans le verre, je respire. On retrouve à peu près le même nez qu'en 2010 : ce mélange généreux de crème de fruits noirs, de framboise, de poivre, de réglisse et d'épices grillés (ce foisonnement d'arômes est  certainement dû aux 5 cépages le composant). Et en bouche, toujours cette rondeur et ce fruit intense, ces tannins très élégants (merci le schiste) et cette fraîcheur éclatante. Aucune dureté en finale. Nous ne sommes pas sur l'argilo-calcaire. Juste du fruit, des épices et une sacrée envie d'en prendre une deuxième gorgée. 

Qu'on ne s'y trompe pas : même s'il a une grande buvabilité, que tout est déjà très bien fondu, ce n'est pas un simple petit vin de soif à boire dans les deux ans. On sent qu'il y a du fond derrière, et il serait intéressant de voir ce qu'il donne dans cinq ans, voire plus. 

Signalons qu'il n'est pas hyper-typé sud, et qu'il ne faut donc pas le limiter à l'agneau rôti aux herbes. Il ira très bien avec un magret de canard, une côte de boeuf... ou un pavé de biche, au hasard ;-) 


Le prix ? 8.50 €





jeudi 13 décembre 2012

Connaissez-vous le Sauvignonnasse ? Et les Cavarodes ?



Le Sauvignonnasse ne devait pas être du tout le thème de cet article. Mais il se trouve qu'en faisant une recherche sur un petit détail du sujet d'origine, on tombe sur quelque chose de totalement imprévu, mais  passionnant, avec une seule envie : le faire partager.  

Donc, au départ, j'expliquais simplement que je n'avais jusque là jamais bu un vin du domaine des Cavarodes. Et pourtant, il m'intriguait, ne serait-ce que par le profil on va dire "peu courant" de son propriétaire, Étienne Thiébaud



De tout ce que j'avais pu lire, il ne fallait surtout pas se fier à son look "rasta". Ce jeune vigneron de 26 ans est apparemment très méticuleux, avec une grande précision dans ses vinifications.


J'ai testé son entrée de gamme (8.60 €), le vin de pays blanc 2011, à base principalement de Chardonnay, complété par du Savagnin ... et du Sauvignonnasse (le v'là, le p'tit détail).

Nez : sur la tarte aux pommes du dimanche qui sort tout juste du four, complétée des notes beurrées/fumées/grillées (avec un petit côté "pétard" que l'on trouve dans certains Chardonnay de Tissot). Certains diraient probablement "cacahuète", une odeur souvent associée aux blancs du grand Jean-François Coche-Dury (un compliment, donc). Après une longue aération, la pomme se fait poire confite, avec moultes épices.

Bouche : charnue, gourmande, solide, avec une fraîcheur vivifiante, et ce côté grillé qui repointe vite son nez.

Finale sur une belle mâche salivante/savoureuse, toujours ce "pétard" qui persiste plusieurs dizaines de seconde après l'ingestion de la dernière goutte.

Ce qui est certain, c'est que l'on est loin d'un p'tit vin facile. L'anti-Tariquet, quoi (là aussi, c'est un compliment). Il a du caractère, autant dans sa structure que son aromatique. On l'imagine bien en vin de casse-croûte, avec une andouille de Vire taillée un peu épais, des cubes de comté et de vieux gouda. Mais aussi sur une soupe à l'oignon gratinée...

Et le Sauvignonnasse ?

Ah ben oui, c'est vrai. Faut que j'vous en parle. Il serait originaire de la Vénétie, mais s'est surtout développé ans le Frioul, d'où son autre petit nom : Tocai Friulano. Bon, ça c'était avant que les Hongrois défendent leur Tokaj national. Il est arrivé au Friulano ce qui advint au Pinot Gris alsacien. Il n'ont plus le droit de s'appeler Tocai/Tokay (et c'est logique, car il n'y a aucun rapport entre ces cépages et le Furmint hongrois).

Mais le plus intéressant, c'est que le Friulano était très présent dans le Bordelais au XIXème siècle, où il s'appelait Sauvignon Vert. Lorsque des viticulteurs traversèrent l'Atlantique, ils l'emmenèrent avec eux au Chili où il fut planté et multiplié ... comme Sauvignon "tout court". Pendant près d'un siècle, le Chili a produit du Sauvignon 100 % Sauvignonnasse. Jusqu'à ce que les producteurs se rendent compte de l'erreur. Et le remplacent par du vrai Sauvignon. 

Il n'y a apparemment pas de lien génétique entre le Sauvignon et le Sauvignonnasse. Ce dernier a une acidité moins marquée, des arômes moins exubérants, plutôt sur la pomme verte et des notes florales.

mercredi 12 décembre 2012

Entre chien et loup ... ou la difficile question de la frontière

"Entre chien et loup" est une vieille expression française qui désigne le moment où le manque de lumière rend difficile la distinction entre un chien et un loup. Cela peut être l'aube ou le crépuscule. A vous de voir (mal, en l'occurrence).

Mais si l'on va plus loin, on peut se demander à partir de quel moment le loup (sauvage) est devenu chien (domestiqué). Au départ, la frontière devait être assez floue, autant du côté de l'homme que de l'animal.



Si les Rietsch ont donné ce drôle de nom à une cuvée réunissant le Pinot Blanc et l'Auxerrois, c'est sûrement parce qu'il y a souvent une confusion entre ces deux cépages, souvent assemblés sous le nom de Klevner (rien à voir avec le Klevener). D'après les études de leur ADN respectif, ils auraient apparemment les mêmes parents : le Gouais Blanc et le Pinot Noir (comme le Melon, dis donc !). 

Dans cette cuvée, qu'apporte l'un ou l'autre cépage ? Aussi difficile à dire que de distinguer Croc Blanc de Rintintin sur un chemin de la Forêt Noire à 18h00... En tout cas, le mariage est efficace, comme en témoigne ce 2011.

La robe est jaune pâle, limpide. Le nez est bien expressif, sur les fruits jaunes (pêche) et blancs (pomme/poire) et avec l'aération de l'ananas.

La bouche a également un double visage : d'un côté, ronde, gourmande, rassurante, rafraîchissante. De l'autre, tonique, nerveuse, implacable. Les deux se conjuguant parfaitement sans rendre le dégustateur schizophrène.

La finale est intense, solide, avec une mâche évoquant les sols argilo-calcaires du secteur.

Ce vin ira aussi à l'aise à l'apéro qu'avec des fruits de mer ou une flammküche. Moins ambitieux que la version 2007, il est aussi beaucoup plus abordable (8 € au lieu de 12 €).

mardi 11 décembre 2012

Le Melon, c'est bon, même en hiver !


Après l'effort, le réconfort. Pour me remettre de cette longue journée de préparation de commandes, j'ai ouvert une bouteille de Melon de Guy Bussière. Comment, vous ne connaissez pas Guy Bussière ? Voici une (excellente) séance de rattrapage.



Il y a quelques jours, je vous parlais de l'origine bourguignonne du Melon. Eh bien, vous avez l'occasion avec cette cuvée Phénix de découvrir du Melon de Bourgogne bourguignon. Et dans son fief d'origine, le Val de Saône. Où il fût exterminé tel un hérétique au début du XVIIIème siècle. Grâce à la ruse de quelques vignerons, quelques pieds furent sauvés. Dont descendent probablement ceux de Guy Bussière, les seuls survivants du secteur, qui tels des Phénix reviennent de très loin...

Il serait intéressant de voir si le Melon "originel" est proche de celui qui pousse près de Nantes, ou s'il a "muté" progressivement, au fil du temps. Car ce que l'on a dans le verre est assez loin d'un Muscadet.

Le nez sent la pomme généreusement beurrée, rappelant une époque bénie où les cuisinières n'avaient jamais entendu parler de cholestérol. Avec l'aération, le miel pointe son nez. La bouche est d'une fraîcheur enthousiasmante, avec la sensation de croquer dans la pulpe d'un grain de raisin hénaurme (de la taille d'un melon, tiens). Car on est plus dans le "pulpeux" que le "juteux". Il y a de la mâche et de la profondeur dans ce vin. La fin de bouche est marquée par une astringence savoureuse, comme si on venait de manger un quartier de pamplemousse (le jaune. Celui de l'époque de la cuisinière pré-citée).

Bref, un vin qui vous replonge dans une époque que l'on croyait perdue. Et qui renaît par magie dans un flacon nommé Phénix. Étonnant, non ?

La folle a un grand frère tout aussi fêlé ;-)


Lorsque je parle de la folle, je parle bien sûr de la Folle noire d'Ambat, le fronton 100 % Folle noire (ou Négrette) du domaine le Roc. Un vin gourmand et généreux qui s'offre sans retenue. Certains d'entre vous connaissait son grand frère et nous avait conseillé de le prendre en pension à Vins Étonnants.

Nous vous avons pris au mot : Don Quichotte est dans nos murs depuis hier soir. Il ne s'ennuie pas trop, car son fidèle "Sang chaud" est sur une palette voisine (le jeu de mot vient de Floréal Romero : un clin d'oeil à son ancêtre Cervantes). Dieu merci, nous n'avons pas de Moulins à Vent en cave : il risquerait de nous casser des bouteilles !!!

Plaisanterie mise à part, à quoi ressemble-t-il, ce Don Quichotte 2009 ?

La robe est pourpre sombre, légèrement violacée. Le nez est d'une grande exubérance dès l'ouverture de la bouteille : cerise noire, prune, violette, lard fumé, poivre, réglisse... La bouche est une explosion de saveurs fruitées et épicées, gourmande comme pas permise, avec un côté juteux, charnel. Vraiment une petite merveille ! Les tannins sont plus marqués que dans la Folle d'Ambat, mais ils sont mûrs et harmonieux, et permettront d'affronter sans faiblesse des robustes plats hivernaux. 

Bref, la personnalité exaltée mais très attachante de Don Quichotte réussirait à vous faire oublier la belle aventure que vous aviez eu avec sa p'tite soeur. Le truc à vous donner des remords durant bien ... 5 mn. Et si vous avez le malheur d'attaquer un deuxième verre une deuxième bouteille, la folle a carrément disparu de votre vie, la pôvre. 

Assemblage : Négrette 60 %,  Syrah 40 %. Mise en cuve par simple gravité et sans foulage. Chaque cépage est vinifié séparément pendant 4 semaines environ avec un contrôle des températures. Extraction par pigeage, favorisant une extraction différente : davantage d’arômes, tannins plus souples. L’élevage de 18 mois se fait en foudres de 20 hl et en barriques de 400 l. Vin ni collé, ni filtré.

lundi 10 décembre 2012

Quand un Brésilien en cache un autre...



Je vous avais parlé d'un beau brésilien il y a quelques temps. Il était à base d'Arinarnoa, un croisement de l'INRA entre le Merlot et le Petit Verdot. En voici un autre, provenant d'un autre producteur : Pizzato.


La propriété est située sur le Piémont d'une chaîne de montagne, la Serra Gaucha, à environ 400 m d'altitude. Le climat y est donc tempéré, d'autant que l'Océan Atlantique n'est pas loin. Je n'y connais que pouic en vin brésilien, mais c'est apparemment l'une des régions qui montent. C'est une région qui a accueilli au XIXème siècle de nombreux émigrants italiens (dont les Pizzato) et allemands. On trouve donc là-bas beaucoup d'éléments culturels et architecturaux ce ces deux pays.

Comme la Casa Valuduga, on voit que les Pizzato ont les yeux tournées vers la France. En plus de n'utiliser que des cépages de notre pays, ils plantent aussi un croisement de l'INRA : l'Egiodola (croisement entre le Tinta Negra Mole et l'Abouriou). Mais là, c'est au Tannat que nous allons nous intéresser, cépage emblématique de Madiran, qui est plus planté en Amérique du Sud qu'en France (sous le nom d'Harriague, nom du Basque qui l'a implanté là-bas).




Tannat Fausto 2007 

Joli nez sur la cerise noire, la mûre, le cuir et épices finement grillés. 

Bouche ample, mûre, fraîche, avec de la profondeur et des tannins denses biens fondus s'affermissant un peu en finale (c'est du Tannat, tout de même). Jolie mâche expressive

C'est l'un des Tannats les plus raffinés qu'il m'ait été donné de boire et pas un sous-produit du mondovino commercial.

Je l'ai fini une semaine plus tard (bouteille à moitié vide) : il est encore plus ample, plus riche, limite voluptueux sans une trace d'oxydation.

Comme le montrent ces photos extraites de leur site, ils pratiquent la taille en lyre, testée dans les vignobles français septentrionaux (mais peu pratiquée) afin d'augmenter la surface foliaire (pour avoir une meilleure photosynthèse) et limiter les risques de maladies. 


Pour l'instant, nous ne l'avons pas encore à Vins Etonnants  (échantillon), mais il n'est pas exclu que nous le référencions. Car c'est vraiment du beau travail.

vendredi 7 décembre 2012

Clisson : le muscadet transcendé


Elle s'est faite longuement désirer, mais cette cuvée du domaine de la Pépière est de retour dans ce grand millésime qu'est 2010. Ca valait le coup d'attendre, le temps que Marc Ollivier et Rémi Branger nous la fasse toute belle (deux ans d'élevage sur lie en cuve).

"C'est d' la bombe" m'a dit Éric R. en me sortant cette bouteille de la palette fraîchement arrivée. Pas le genre de truc à me dire. Je me laisse forcément tenter. Le soir même, j'en débouche une...

Le nez sent la roche (granit ?) humide, souligné par de fines notes citronnées, de pomme mûre*. La bouche est d'un volume impressionnant, avec une sensation de fraîcheur éclatante qui envahit le moindre recoin de votre palais. Le citron est toujours là, mais aussi des notes plus mûres (poire, miel). La finale salivante évoque l'écorce d'agrume, avec cette alliance noble de l'amertume et de l'astringence. Un très beau vin que l'on placerait plus à Chablis qu'à Nantes...

Si ce vin est déjà très bon aujourd'hui, je n'ose imaginer ce qu'il pourrait donner dans une dizaine d'années. Probablement une petite grande merveille qui en remontrerait à beaucoup de vins bourguignons.

Un peu d'ampélographie

Mais pourquoi diable faire souvent des rapprochements entre Muscadet et Bourgogne ? Eh bien parce que le cépage du Muscadet est le Melon ... de Bourgogne. Il est en effet né très loin mer, issu d'une famille nombreuse, "united colors" avant l'heure. Ses parents, le Pinot Noir et le Gouais Blanc, ont été productifs, avec des enfants devenus des vraies stars comme le Chardonnay, le Gamay, l'Aligoté ou le Melon à queue rouge (pour le dernier, uniquement depuis le succès de Marguerite de Ganevat). Son matériel génétique est donc assez proche de celui de ses "frères", et il paraît alors assez logique qu'un vieux (ou parfois même un jeune) Muscadet fasse penser à un Chablis.

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*  pomme mûre ne veut pas tout dire pomme blette. Il n'y aucun caractère oxydatif dans ce vin

jeudi 6 décembre 2012

Foradori : à la hauteur du "mythe" !

Il est encore un peu tôt pour enlever les guillemets de "mythe", car pour pour l'instant Foradori n'est encore connu en France que des amateurs se tenant informés de ce qu'il se passe en dehors de nos frontières. Mais je pense que d'ici une bonne décennie, le temps que certains percutent qu'il existe des vins étrangers exceptionnels, le domaine risque d'être "cochedurysé".


J'avoue faire partie de ces amateurs curieux, et les pérégrinations piémontaises d'un monomanique – pas si monomanique que ça – m'avait donné envie de découvrir les vins d'Elisabetta Foradori. Et le compte-rendu d'un repas bruxellois autour de la grande dame n'a pas arrangé les choses. 


Aussi décidai-je dimanche dernier à l'occasion de la visite d'un ami d'ouvrir une bouteille du Foradori Teroldego 2009, au risque de briser les grandes illusions que j'avais sur ce vin. Quelques heures avant le repas, j'ouvre la bouteille pour voir s'il est nécessaire de le carafer. Ouf, dès l'ouverture, il sent superbement bon. Allez, je goûte. C'est déjà très ouvert, équilibré. Je remets le bouchon et n'y touche plus jusqu'au moment de le servir.



La pluma ibérique est servie. Il est temps de le servir. La robe est d'un pourpre sombre impénétrable. Le nez est complexe (framboise, fumée, cacao, résine) et profond, avec une belle sensation de fraîcheur. Déjà, je vois s'illuminer les yeux de mon invité, grand amateur de vins. Quant à la bouche, elle est bluffante d'harmonie, tant tout semble parfaitement en place : un fruit d'une grande pureté, de la tension et de la profondeur, des tannins denses mais totalement fondus. Et une finale, fraîche, nette, savoureuse, qui confirme ce sentiment d'évidence. Car ce qui est le plus épatant dans ce vin, c'est son côté naturel, sans "gonflette". Sans savoir ce que c'est, Olivier m'avoue que ça ressemble sacrément au vin idéal après lequel tout amateur court. J'ai tout à fait la même sensation. Et ce n'est que le petit vin de la grande dame...

Il est clair que ce vin donne envie de visiter toute la galaxie Foradori, ce que je ne manquerai pas de faire. Déjà, il y a le blanc que nous avons aussi en "boutique". À chaque fois que je passe devant, il me fait de l'oeil, l'animal ! Combien de temps résisterai-je ?

mercredi 5 décembre 2012

Les dix vins cochons, peut-être même onze ou douze...


Samedi dernier avait lieu à Chateldon la 9ème édition des 10 vins cochons regroupant une vingtaine de producteurs de vins "nature". Choix paradoxal que celui de Chalteldon puisque ce village est avant tout réputé pour son eau gazeuse, présente sur toutes les grandes tables gastronomiques du monde.

On pouvait d'ailleurs boire celle-ci à chaque stand, histoire de se remettre les papilles en place avant d'attaquer le suivant.


Je suis arrivé le matin à 10 h. C'était alors le grand calme ... et le grand froid. Il ne faisait vraiment pas chaud sous la "yourte" et les vins rouges ont eu du mal à se goûter durant les premières heures (les blancs, ça allait mieux : il suffisait de le réchauffer avec les mains  deux minutes).

L'avantage, c'est qu'il n'y avait alors pas grand monde. Les stands étaient alors facilement accessibles (et les vignerons aussi). 1h30 plus tard, c'était limite cohue, et il fallait presque se battre pour avoir un verre !


Là, c'est François Dhumes dont nous allons rentrer progressivement les vins sur notre site. Pour démarrer, ce sera la cuvée Minette, un Gamay d'Auvergne éraflé puis macéré  longuement (8 semaine). Puis éleve en barriques. Le vin n'en sort pas durci. Au contraire, il y a de la gourmandise et du fruit même si la matière est dense. Du joli travail ! J'ai pu aussi goûter un pet'nat' 2012 dégorgé en primeur pour le salon. Magnifique ... mais pas dispo avant le printemps prochain :o(


Juste à côté, il y avait un producteur dont j'avais beaucoup entendu parler (et bu seulement une fois l'un de ses vins) : Thierry Renard. Non seulement l'homme est très sympa, mais ses cuvées sont pour le moins incroyables et méritent bien d'être classées comme OVNI sur Vins Etonnants. Son chardonnay Renard des Côtes fait penser au Delphine de Margon de l'Arjolle (également du Chardonnay surmûri en oxydatif) en plus délicat et plus kaléïdoscopique (il n'arrête pas de changer de "spectre" lorsque vous l'avez en bouche !).

Quant à son Crapaud noir 100 % Gamay (bientôt de retour), il est tout bonnement incroyable : un nez sur le pruneau, la liqueur de fruits noirs, le cacao... et une bouche douce, harmonieuse, sans sucres résiduels mais des épices en pagaille. Le Gamay le plus dingue que j'ai pu boire !


En parlant de dingue, Nicolas Vauthier n'est pas mal dans son genre : fondateur d'un célèbre bar à vins de Troyes - les crieurs de vins - il est devenu le Cyril Alonso de l'Auxerrois. Négociant-vinificateur-éleveur, il choisit des lots chez des vignerons bio du secteur et les fait siens. Comme Cyril, il aime la provoc : ça marche bien pour se faire connaître. Certaines de ses étiquettes ont d'ailleurs semé le trouble à la très classique Société des Alcools du Québec


Faire le marrant, c'est une chose. Faire des bons vins en est une autre. Ouf, ça va. Lui sait faire les deux. Que ce soit son Aligoté, son Petit Chablis, son 4 z'amis ou son Irancy, tout est vraiment très bien. 


Autre belle rencontre que celle avec Pierre Beauger : difficile de dire si ce sont les vins ou le bonhomme qui sont le plus intéressants tant la barre est placée haute. J'ai vraiment flashé sur Jauni Rotten. Non, il n'y avait pas de concert des Sex Pistols à Chateldon. C'est le nom de sa dernière cuvée 100 % Sauvignon. Je croyais avoir bu pas mal de choses dans ma vie, mais un Sauvignon d'une telle sensualité, je ne l'avais jamais rencontré.

Il y a d'autres belles choses comme le Muscat d'Antoine Arena, éclatant de fraîcheur ou les blancs de René Mosse et de Giles Azzoni. Les rouges, ça a été souvent plus dur de les apprécier pour les raisons évoquées plus haut.


mardi 4 décembre 2012

Accords mets et vins (6) : les desserts

Après les volailles, les viandes, les poissons et coquillages, les gibiers, les fromages, nous allons finir cette longu série avec les desserts. Voici le conseil ultime à ce sujet :


Choisissez d'abord votre vin de dessert !

C'est fou ce que ça va faciliter les choses. Car du coup, vous allez pouvoir trouver un dessert qui va avec le vin.


un dessert aux fruits rouges avec



un dessert à base de fruits exotiques (mangue, ananas) avec




- un dessert à base de pommes rôties au beurre

 avec une Dulcinée, un éloge d'automne ou un vin d'Autan

- un dessert à base de chocolat avec un Maydie ou un Malbec vintage



un dessert à base de fruits secs avec un 

un Madère, un Banyuls, un Rancio ou un vieux Porto

Quoiqu'il en soit, éviter les bulles version brut ou extra-brut, y compris les meilleures : vous courrez au massacre. Et les bûches à l'ancienne à base de crème au beurre : aucun vin ne peut s'en remettre. Et je vous raconte pas l'alliance des deux...  L'horreur absolue, qui sera pourtant perpétrée dans nombre de foyers :o(